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Pour son premier échantillon, Perseverance fait chou blanc

Crédits : NASA/JPL

La première tentative d’échantillonnage de la surface martienne par le rover Perseverance s’est soldée par un échec. Les équipes de la mission analysent actuellement les données recueillies afin d’en comprendre les raisons.

Débarqué sur Mars en février dernier, Perseverance se concentre désormais sur le véritable cœur de sa mission : récolter des échantillons qui seront ensuite rapportés sur Terre pour être analysés.

Pour opérer, le rover dispose d’un bras robotique équipé de plusieurs instruments visant à déterminer les composants minéraux et organiques des roches ciblées. Dans le déroulé, Perseverance doit d’abord effectuer une étude d’imagerie pour déterminer l’emplacement exact pour prélever le premier échantillon. Les chercheurs déterminent également un site cible séparé situé dans la même zone. Le but est alors d’analyser ce jumeau géologique dans le but d’appréhender les différents matériaux qui le composent.

Si les analyses sont concluantes, le rover se charge alors de prélever un échantillon de la roche non altérée qui, sur le papier, devrait donc avoir la même composition que celle étudiée plus tôt.

Pour ce faire, le bras de manipulation d’échantillons de Perseverance doit récupérer un tube d’échantillon, puis l’insérer dans un foret, avant de transférer le tout vers une perceuse rotative à percussion située sur le bras robotique de Perseverance. Le rover se place au-dessus de sa cible, et fore un trou dans le but de remplir le tube avec une carotte d’environ la taille d’un morceau de craie. Après avoir été mesuré et imagé, le tube est finalement scellé hermétiquement et stocké pour un futur retour sur Terre.

Une première tentative échouée

Ceci étant dit, le vendredi 6 août dernier, les équipes de Perseverance ont tenté de recueillir un premier échantillon sur la surface de Mars. Pour cette grande première, le rover s’est concentré sur le Crater Floor Fractured Rough, qui présente un substrat rocheux ancien et exposé. Malheureusement, cette première tentative ne s’est pas déroulée comme prévu. Les données renvoyées sur Terre ont en effet indiqué qu’aucune roche ou poussière martienne n’avait intégré le tube d’échantillonnage, ont annoncé dans la foulée les responsables de la NASA.

«Le processus d’échantillonnage est autonome du début à la fin», a déclaré Jessica Samuels, du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA. «L’une des étapes qui se produit après avoir placé une sonde dans le tube de prélèvement consiste à mesurer le volume de l’échantillon. Or ici, la sonde n’a pas rencontré la résistance que nous attendions si un échantillon était bien présent à l’intérieur».

A priori, tous les instruments de Perseverance auraient fonctionné comme prévu. Aussi, les chercheurs pensent que cet échec est probablement le résultat du fait que la cible rocheuse n’a pas réagit comme prévu pendant le carottage. Des analyses sont toujours en cours pour tenter de comprendre ce qu’il s’est réellement passé.

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Une roche ciblée par Perseverance. Crédits : NASA/JPL

D’autres occasions à saisir

Rappelons qu’il n’est pas rare de rencontrer des difficultés avec ce type de missions complexes impliquant souvent des opérations inédites. Sur Mars, c’est même quasiment une habitude.

Le cousin plus âgé de Perseverance – Curiosity – a par exemple foré dans des roches qui se sont avérées beaucoup plus dures ou plus cassantes que les membres de l’équipe de mission ne l’avaient prévu. En janvier 2021, le capteur de flux de chaleur HP3 de la mission InSight – surnommé la “taupe” par la NASA – a également été déclaré mort par l’agence américaine après avoir échoué à s’enfouir profondément dans le sol de la planète rouge.

Enfin, notez que ce n’était pas un moment décisif pour Perseverance. Le rover transporte en effet 43 tubes de prélèvement, et le plan de mission demande au rover d’en remplir au moins vingt d’entre eux.