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Nouméa : les requins, ces espèces menacées, commencent à être abattus par « sécurité »

Les requins ont la vie dure à Nouméa. Ces animaux menacés d’extinction font les frais d’une vaste campagne d’abattage pour la sécurité de l’homme, cette espèce souvent considérée comme invasive…

Lors de sa venue à Nouméa les 24, 25 et 26 juillet derniers, Emmanuel Macron a omis d’évoquer le sujet de l’abattage croissant des requins en Nouvelle-Calédonie. Selon les autorités de l’archipel, il s’agirait d’une mesure de régulation ayant pour but de protéger les habitants des attaques « récurrentes » (trois en huit mois).

Plus de 200 requins abattus en Nouvelle-Calédonie depuis le mois de janvier

Début juillet, une douzaine de requins ont été abattus par les autorités de Nouvelle-Calédonie, faisant suite à trois attaques sur des humains (dont deux mortelles) depuis le début de l’année. En 2023, l’archipel aurait déjà éliminé plus de 200 requins, dont des requins-tigres et bouledogues, ces espèces menacées.

Il s’agit de la quatrième opération d’abattage, série qui n’est pas près de se terminer avec cinq autres opérations en prévision avant la fin de l’année. Les militants écologistes s’indignent, à commencer par l’association Sea Shepherd de Nouvelle-Calédonie :

Comment en l’espace de 3 ans, notre politique environnementale a-t-elle pu passer de protection intégrale à réouverture du commerce de requins ?

La Province Sud, dont Nouméa, envisage en effet de créer une filière de « revalorisation » en autorisant la commercialisation de viande de requin et ses produits dérivés (ailerons, dents, huile de foie, etc.).

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Une plage de Nouméa, Nouvelle-Calédonie ©Zarnell/iStock

D’autres mesures mises en place pour éviter les attaques

En plus de l’abattage, pour éviter les attaques de requins, la mairie de Nouméa a interdit la baignade sur la plupart des plages, et prévoit d’installer des filets anti-requins. Ce dernier dispositif, critiqué par les écologistes, pourrait en effet mettre en danger, voire tuer certaines espèces marines essentielles à la bonne santé du récif corallien.

L’abattage n’est pas la seule solution

La présidente de l’association néo-calédonienne Ensemble pour la Planète insiste pour mettre en place d’autres solutions que l’abattage ou l’interdiction de se baigner sur les plages :

Des solutions efficaces et non létales visant à améliorer la sécurité des plagistes existent (ndrl: surveillance par drone ou équipements à impulsion électrique) ; il faut les mettre en œuvre.

Sonia Lagarde, maire de Nouméa, se défend en affirmant que les campagnes de pêche permettent de protéger les habitants, prenant pour exemple l’Australie, Le Brésil ou encore La Réunion, île où la pêche aux requins s’envisage comme une pratique préventive

Sans requins, les coraux sont en danger

Les requins jouent un rôle essentiel dans la préservation des écosystèmes marins, et notamment des récifs coralliens. Ces grands prédateurs contrôlent naturellement les populations de poissons en évitant une surabondance d’espèces herbivores qui pourraient consommer les coraux à l’excès.

De plus, la présence de requins peut dissuader les poissons prédateurs de chasser certaines espèces marines essentielles à l’équilibre des coraux, comme les poissons se nourrissant d’algues envahissantes. En l’absence de requins, ce type de poissons pourrait être davantage exposé aux prédateurs, réduisant ainsi leur capacité à maintenir l’équilibre des écosystèmes coralliens.

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©Wirestock/iStock
Margaux Blanc, experte environnement

Rédigé par Margaux Blanc, experte environnement

Bretonne de cœur et de sang, je suis particulièrement sensible à l'environnement, sa faune et sa flore. Végétarienne et surfeuse occasionnelle, je partage mon temps entre la montagne et la mer. Des paysages de toute beauté qui forcent au respect. Depuis 2016, j'ai adopté un mode de vie zéro déchet dans l'espoir de minimiser mon impact sur la planète et ses habitants.