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Nord Stream : une étude évalue l’effet climatique des fuites de méthane

Crédits : Danish Armed Forces.

Des chercheurs affiliés à l’Institut de physique atmosphérique de l’Académie chinoise des sciences (Pékin, Chine) ont quantifié les conséquences climatiques des fuites de méthane liées au sabotage des gazoducs Nord Stream en septembre dernier. Les résultats ont été publiés dans la revue Advances in Atmospheric Sciences ce 11 novembre.

Le 26 septembre, les gazoducs sous-marins Nord Stream 1 et 2 qui servaient à transporter du gaz naturel depuis la Russie vers l’Allemagne ont délibérément été sabotés. Les images montrant le gaz s’échapper des eaux de la mer du Nord dans un large bouillonnement ont fait le tour du monde, soulevant la question de l’impact que pourraient avoir ces émanations de méthane sur le climat.

Des émanations de méthane revues à la baisse

Les estimations les plus récentes, basées sur le réseau de stations de mesure au sol et les observations satellitaires, chiffrent ces fuites à quelque 220 000 tonnes de méthane libérées entre le 26 septembre et le 2 octobre. L’ampleur des émanations est donc revue à la baisse par rapport aux estimations initiales qui pouvaient annoncer des chiffres allant jusqu’à 500 000 tonnes.

Lorsqu’on le rapporte aux 80 millions de tonnes émises chaque année par le secteur des énergies fossiles, le rejet reste donc marginal. La grande différence est que pour Nord Stream, les fuites ont été matérialisées de façon spectaculaire par une myriade de petites bulles de gaz. À l’inverse, les fuites et émanations responsables des 80 millions de tonnes annuelles sont quant à elles invisibles.

méthane
Évolution de la concentration atmosphérique en méthane. La contribution des fuites du Nord Stream 1 et 2 est négligeable face aux fuites et émanations industrielles constantes un peu partout dans le monde. Les secteurs de l’agriculture et des déchets jouent également un rôle bien plus important. Crédits : NOAA.

Un effet climatique négligeable

En termes d’impact climatique, l’étude montre que sur vingt ans, l’effet est équivalent à une émission de vingt millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2). Pour donner un ordre d’idées, les émissions mondiales de CO2 se chiffrent en dizaines de milliards de tonnes par an. Aussi, il n’est pas surprenant de constater que l’effet des fuites du Nord Stream sur la température moyenne est de l’ordre de 0,00001 °C, autrement dit indétectable.

« Un si petit réchauffement ne peut pas être perçu par les écosystèmes ou la société humaine », rapporte Xiaolong Chen, auteur principal de l’étude, en prenant soin d’ajouter que « si nous voulons atteindre les objectifs de réchauffement inférieurs à 1,5 ℃ ou 2 ℃ définis dans l’Accord de Paris, les dommages à des infrastructures comme celle-ci doit être évités afin de mieux contrôler et réduire les émissions de méthane ».