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L’obésité augmente plus rapidement en zone rurale qu’en ville, mais pourquoi ?

Crédits : Ezzati et al. Nature 2019

Une récente étude nous révèle que les problèmes d’obésité augmentent plus rapidement dans les zones rurales que dans les villes. Tout le monde est donc aujourd’hui concerné.

Nous avons tendance à penser que les problèmes d’obésité sont plus fréquents en milieu urbain, en raison d’une plus grande sédentarisation, ou d’un accès facilité à la malbouffe. C’était vrai il y a plusieurs décennies. Mais est-ce toujours le cas ? Il semblerait que non. Une récente étude publiée dans Nature, signée de l’Imperial College de Londres, suggère en effet que depuis une trentaine d’années, les problèmes de surpoids augmentent plus rapidement dans les zones rurales que dans les villes (qui augmentent aussi). Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette tendance.

Renverser les idées reçues

Pour cette étude, les chercheurs expliquent avoir analysé les tendances mondiales de l’indice de masse corporelle (IMC) de plus de 112 millions de personnes – dans les villes et en milieu rural – de 200 pays et territoires entre 1985 et 2017. Il ressort de ces données que durant cette période, l’IMC moyen dans les zones rurales aurait augmenté de 2,1 kg/m2, hommes et femmes confondus. Dans les villes, l’IMC moyen n’aurait augmenté que de 1,3 kg/m2 chez les femmes et de 1,6 kg/m2 chez les hommes.

S’il y a 30 ou 40 ans, les hommes et les femmes en milieu urbain présentaient un IMC supérieur à celui de leurs homologues des zones rurales, il semblerait donc que la tendance se soit donc inversée. « Les résultats de cette vaste étude mondiale renversent les idées reçues selon lesquelles davantage de citadins sont la principale cause de la hausse mondiale de l’obésité, explique Majid Ezzati, principal auteur de l’étude. Cela signifie que nous devons repenser la façon dont nous abordons ce problème de santé mondial ».

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L’obésité augmente plus rapidement dans les campagnes que dans les villes. Crédits : Pixabay/jarmoluk

Plusieurs facteurs pour expliquer la tendance

En milieu rural, la disponibilité limitée et les prix plus élevés des aliments sains empêchent les habitants de bien se nourrir. Les revenus étant également plus limités, beaucoup se tournent vers les aliments transformés et les boissons plus sucrées, plus accessibles. Les infrastructures de loisirs et de sport sont également beaucoup moins présentes. À côté de ça, l’agriculture est plus mécanisée qu’avant, et la voiture de plus en plus utilisée. Ces avancées sont bien sûr bénéfiques – en termes de santé notamment – mais elles induisent également (et forcément) une réduction des dépenses énergétiques.

« Les discussions sur la santé publique ont tendance à se concentrer davantage sur les aspects négatifs de la vie en ville, poursuit le chercheur. En fait, les villes offrent de nombreuses possibilités d’amélioration de la nutrition, d’activités physiques et de loisirs, et une amélioration générale de la santé. Ces éléments sont souvent difficiles à trouver dans les zones rurales ».

Si pendant des décennies certaines populations se sont battues pour manger suffisamment à leur faim, le prochain défi sera maintenant de pouvoir mieux se nourrir. En ce sens, des mesures politiques devraient être prises pour tenter d’inverser la tendance. Une taxation accrue des aliments ultra-transformés par exemple, ou des sodas trop largement disponibles.

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