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L’ESA se prépare à “intercepter” une comète entrante

Crédits : Pixabay

L’Agence spatiale européenne (ESA) vient de confirmer la mise en place d’une mission inédite visant à “intercepter” une comète entrante dans le système solaire.

Des comètes, l’Homme en a déjà visité. La première mission fut celle de la sonde Giotto, de l’ESA, qui s’approcha de la comète de Halley le 13 mars 1986. Nous avons également déjà atterri sur ce genre d’objet. Ce fut notamment le cas en 2016, avec la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. Ces études sont très importantes pour notre compréhension du système solaire. Le problème avec ces objets, qu’ils sont tous à courte période. Autrement dit, ils passent et repassent autour du Soleil depuis des centaines de millions d’années. Leur structure s’en retrouve alors modifiée. Ce qu’aimerait l’ESA aujourd’hui, c’est étudier un “nouvel entrant”.

Une mission inédite

Une comète “vierge”, en quelque sorte, ou « dynamiquement nouvelle », selon les termes de l’Agence européenne. Une telle mission serait inédite par ailleurs, dans la mesure où nous devons la préparer avant même d’avoir identifié une cible potentielle. Cela pourrait paraître un peu fou au premier abord, mais le développement de nouveaux instruments de sondage – tels que Pan-STARRS – permettrait aujourd’hui une détection quasi instantanée des nouveaux objets entrants. Et nous avons constaté que ce genre de visite n’était pas si rare que ça. En témoigne la récente observation d’Oumuamua.

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L’ESA aimerait intercepter une nouvelle comète entrante. Crédits : Pixabay

L’idée consiste donc à placer des instruments en orbite dans l’espace, “en attente” de la détection d’une nouvelle comète. En provenance du nuage d’Oort, par exemple, à l’extrême limite du système solaire. L’ESA a récemment eu le feu vert pour développer cette mission baptisée “Comet Interceptor” en huit ans seulement. Trois modules seront alors placés dans l’espace (1 000 kilos au total), en profitant du lancement du télescope ARIEL de l’ESA, en 2028. On rappelle que l’objet de cette mission sera d’analyser la composition atmosphérique des exoplanètes.

Tout un tas d’instruments

Ces trois modules – A, B1 et B2 – étudieront la comète sous un angle différent, avec chacun ses propres instruments. Le module A comporte une caméra haute résolution et un instrument infrarouge multispectral. Il sera également équipé pour étudier la poussière de l’objet. Le module B1 disposera quant à lui d’un imageur à l’hydrogène, d’un autre instrument permettant la mesure du plasma et d’une caméra grand angle. Et enfin, le module B2 sera équipé pour cartographier le noyau de la comète. Notons que ces trois modules seront envoyés au point de Lagrange L2, à 1,5 million de km de la Terre. Si un objet venait à entrer, ils se positionneront pour l’intercepter.

En cas de succès, cette nouvelle mission pourrait donc nous permettre d’étudier un objet quasiment inchangé depuis la formation du système solaire, il y 4,6 milliards d’années. Et avec un peu de chance, nous pourrions même avoir l’occasion d’étudier des objets en provenance du milieu interstellaire.

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