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Les renards des villes sont en train d’évoluer

Crédits : Karen Arnold/CC0 Public Domain

Une boîte crânienne réduite, un museau plus court… Les renards roux urbains divergent de plus en plus de leurs congénères ​​des campagnes, et semblent “se domestiquer”.

Un peu partout sur la planète, les mesures de confinement mises en place en réponse à la pandémie de Covid-19 ont permis de libérer les rues des humains. Certains animaux, curieux, en ont profité pour se pavaner en pleine ville. Malgré le caractère extraordinaire de certaines visites, le fait est que de nombreuses espèces animales sont habituées depuis longtemps à fréquenter les milieux urbains, où la nourriture y est plus facilement accessible.

Kevin Parsons, de l’Université de Glasgow (Écosse), s’est récemment penché sur le cas du renard roux. Le chercheur s’est précisément demandé si ces animaux avaient évolué d’une manière ou d’une autre en fonction de leur mode de vie, en comparaison à leurs homologues évoluant en milieu rural.

Une boîte crânienne réduite et un museau plus court

Dans le cadre de ces travaux, publiés dans les Actes de la Royal Society Series B., Parsons et son équipe ont prélevé et analysé les crânes de plus de 1 500 renards collectés à Londres et dans la campagne environnante entre 1971 et 1973.

À l’époque, une grande campagne d’abattage avait eu lieu dans la région. Tous étaient marqués en fonction de leur emplacement (rural ou urbain). Les zones urbaines étaient définies comme ayant des bâtiments, des lampadaires et pas de zones boisées, tandis que les sites ruraux étaient boisés et manquaient de développement humain.

Ils ont alors effectivement constaté que les spécimens évoluant en ville avaient une capacité cérébrale réduite, ainsi qu’une forme de museau plus courte et plus large. Les chercheurs ont également souligné moins de différences entre les mâles et les femelles chez les renards urbains. L’écart entre les sexes au niveau de la taille du crâne avait en effet diminué de 28%.

Kevin Parsons explique ces différences morphologiques de la façon suivante. Les renards urbains, d’une part, n’ont pas besoin de la même agilité mentale que leurs congénères évoluant en milieu rural pour attraper la variété de proies vivantes dont ils se nourrissent normalement. En outre, un museau plus court et plus large permet une morsure plus forte, probablement nécessaire pour se nourrir des déchets humains.

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Crédits : sebwild/Pixabay

Processus de domestication

Par ailleurs, le chercheur souligne également que ces changements morphologiques correspondent à ce à quoi nous pourrions nous attendre dans le cadre d’un processus de domestication, comme ce fut le cas pour les chiens notamment. En outre, le fait que les mâles et femelles se ressemblent davantage est une tendance qui est également observée chez de nombreuses autres espèces domestiquées.

Si le chercheur tient à souligner que les renards roux urbains ne sont pas domestiqués, l’étude montre cependant comment l’exposition à l’activité humaine peut placer un animal sur cette voie.

« Certains aspects environnementaux qui ont pu se produire pendant les phases initiales de domestication de nos animaux de compagnie actuels, comme les chiens et les chats, étaient probablement similaires aux conditions dans lesquelles nos renards et d’autres animaux urbains vivent aujourd’hui », note Andrew Kitchener, co-auteur de l’étude. « Ainsi, l’adaptation à la vie autour des humains prépare en fait certains animaux à la domestication ».

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