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Pandémie : Jane Goodall appelle à une refonte de nos habitudes alimentaires

Crédits : Alessandro della Valle

La naturaliste Jane Goodall prévient : l’humanité sera “finie” si nous ne parvenons pas à changer radicalement nos systèmes alimentaires en réponse à la pandémie de coronavirus.

Avec plus de 6,4 millions de cas pour environ 380 000 décès, le bilan de la pandémie de Covid-19 doit nous amener à réfléchir au monde de demain. Ne devrions-nous pas, par exemple, revoir nos modes de vie et de consommation ?

Élevage intensif et perte d’habitat

Dans un article publié en avril dans The Guardian, l’écrivain américain Jonathan Safran Foer en appelait déjà à tirer les leçons du Covid. L’intéressé ciblait notamment les élevages industriels, rappelant que la viande consommée par les humains depuis plusieurs décennies provient d’animaux dont le système immunitaire est affaibli, ce qui facilite l’entrée des virus.

Il suffit alors de prendre en considération cette industrie à travers le monde, qui implique une grande proximité entre l’Homme et l’animal, pour comprendre que les élevages intensifs pourraient être les prochains réservoirs viraux susceptibles de mettre notre espèce en danger.

Ces liens entre l’agriculture intensive et les épidémies ont également été examinés par le réseau mondial d’investisseurs FAIRR dans un récent rapport. Ce dernier nous révélait alors que plus de 70% des plus grands producteurs de viandes, de poissons et de produits laitiers favorisaient l’émergence de futures pandémies zoonotiques en raison de normes de sécurité laxistes, d’ animaux confinés et de la surutilisation d’antibiotiques.

Les pratiques d’élevage intensif ne sont pas les seules responsables. Nous avons également tendance, depuis plusieurs décennies, à “grappiller” sans cesse du terrain sur le monde naturel.

Qu’il s’agisse d’étendre nos villes ou de planter nos cultures, ces extensions de territoires nous rapprochent inévitablement d’espèces sauvages connues pour être porteuses de virus. Citons notamment les chauves-souris, mais il y en a d’autres. Ainsi plus on empiète sur les habitats fauniques, plus nous sommes susceptibles de nous exposer à ces agents pathogènes.

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Crédits : EPA

Si nous ne faisons pas les choses différemment, nous sommes finis

Voici donc deux points très importants sur lesquels notre espèce doit travailler pour éviter toute pandémie supplémentaire. La célèbre naturaliste Jane Goodall est d’ailleurs du même avis. L’éminente primatologue, qui est aussi une fervente militante pour la protection de l’environnement et du monde animal, a en effet partagé son point de vue ce mardi lors d’un événement en ligne organisé par le groupe militant Compassion in World Farming.

Notre manque de respect pour les animaux sauvages et notre manque de respect pour les animaux d’élevage ont créé cette situation où la maladie peut rapidement déborder pour infecter les êtres humains“, a-t-elle déclaré, s’adressant aux côtés de deux commissaires européens également présents. “Nous ne pourrons pas continuer comme ça encore très longtemps“, a-t-elle ajouté. “Si nous ne faisons pas les choses différemment, nous sommes finis“.

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Jane Goodall, qui a consacré toute sa vie à l’étude des chimpanzés, est également une écologiste reconnue. Crédits : Institut Jane Goodall France

Toujours selon la primatologue, nous avons désormais atteint un tournant dans notre relation avec le monde naturel. “L’une des leçons tirées de cette crise est que nous devons changer nos habitudes, a-t-elle souligné. Les scientifiques avertissent que pour éviter de futures crises, nous devons changer radicalement notre alimentation et passer à des aliments riches en plantes. C’est ce que nous devons faire. Pour le bien des animaux, de la planète et de la santé de nos enfants“.

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