in

Les insectes volants dans les hôpitaux sont porteurs de superbactéries

Crédits : Pixabay

Une récente étude publiée dans le Journal of Medical Entomology nous révèle que près de 90% des insectes volants prélevés dans les hôpitaux anglais sont porteurs de bactéries pathogènes. Dont certaines étaient résistantes aux antibiotiques.

Nous savons que les insectes sont des vecteurs efficaces de bactéries, notamment dans les environnements insalubres. Mais qu’en est-il des structures normalement jugées propres et sûres ? C’est ce qu’à récemment tenté de savoir une équipe de chercheurs, se concentrant sur sept établissements hospitaliers au Royaume-Uni. Pour ce faire, les chercheurs ont prélevé 20 000 insectes volants, dont les trois-quarts étaient des mouches. Des pucerons, des fourmis, des abeilles, des guêpes et des papillons de nuit ont également été capturés puis analysés. Résultat : près de 90% des insectes étaient porteurs de bactéries potentiellement dangereuses pour l’Homme. Certaines étaient également résistantes à plusieurs classes d’antibiotiques.

«Les résultats de cette analyse microbiologique à grande échelle montrent qu’une variété d’insectes volants collectée dans des hôpitaux britanniques héberge effectivement des bactéries pathogènes de différentes espèces, explique Federica Boiocchi, de l’Université Aston. Ce qui est assez intéressant, cependant, c’est la forte proportion de bactéries résistantes aux médicaments que l’on trouve dans ces échantillons. Cela nous rappelle de manière frappante à quel point notre utilisation excessive d’antibiotiques dans les établissements de santé rend les infections plus difficiles à traiter».

mouches
Dans les hôpitaux, les mouches sont porteuses de superbactéries. Crédits : Pixabay

Les insectes porteurs de superbactéries

Au total, 86 souches bactériennes ont été identifiées sur (ou dans) les insectes capturés. Sur cet échantillon, 80% des souches pouvaient être responsables d’intoxications alimentaires, et 19% pouvaient causer des infections cutanées, des abcès et des infections respiratoires. Plus de la moitié de ces souches étaient également des “superbactéries” résistantes à au moins une classe d’antibiotiques. Et sur cet échantillon, près de 20% étaient résistantes à plusieurs classes d’antibiotiques.

On note par ailleurs que la grande majorité de ces souches bactériennes ont été collectées au printemps et en été. Et aussi que de nombreuses zones étaient concernées. Comme les environnements réservés au stockage de la nourriture, par exemple. Ou encore les salles d’attente, les chambres des patients, ou les maternités. Et même les unités de soins intensifs et de réanimation néonatale.

«Les hôpitaux sont des environnements extrêmement propres et le risque que les insectes soient porteurs de bactéries et qu’ils soient transférés aux patients est très faible, tient tout de même à noter Anthony Hilton, co-auteur de l’étude. Ce que nous disons dans ce document, c’est que même dans les environnements les plus propres, il est important de prendre des mesures pour continuer d’empêcher la propagation des bactéries. Nous espérons que cette étude sera utile aux responsables des mesures de lutte antiparasitaire, en mettant en évidence, par exemple, les zones où la prévalence des insectes est la plus forte».

Source

Articles liés :

Les insectes pourraient disparaître dans quelques décennies

Un nouvel espoir (inattendu) dans la lutte contre la résistance aux antibiotiques

La résistance aux antibiotiques “aussi grave” que le réchauffement climatique

Les insectes volants dans les hôpitaux sont porteurs de superbactéries
noté 4 - 1 vote[s]