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Israël interdit le commerce de fourrure animale pour la mode (à quelques exceptions)

Crédits : Antoine 49/Flickr

Israël vient d’interdire par décret ministériel le commerce de fourrure animale pour la mode. Ce pays est le premier à prendre une telle mesure, après avoir déjà interdit en 1976 l’élevage d’animaux pour leur fourrure. Il y aura tout de même quelques exceptions.

Une victoire pour la cause animale

L’initiative avait été annoncée en octobre dernier par la ministre de la Protection de l’environnement, Gila Gamliel. « L’industrie de la fourrure cause la mort de centaines de millions d’animaux dans le monde, impliquant une cruauté et des souffrances indescriptibles », avait-il justifié. C’est désormais officiel. Ce mercredi 9 juin, Israël a en effet signé par décret l’interdiction du commerce de fourrure animale pour la mode. Celle-ci entrera en vigueur dans six mois.

«L’industrie du commerce de la fourrure provoque des souffrances inimaginables aux animaux et ce décret va transformer le marché de la mode israélienne le rendant meilleur sur le plan du respect des normes environnementales», a déclaré la ministre dans le communiqué.

Le groupe de défense des droits des animaux PETA a également salué la décision d’Israël, qui devient ainsi le premier pays au monde à interdire la vente de fourrure. L’interdiction totale du commerce de fourrure n’était effectivement en vigueur que dans certaines villes comme Sao Paulo (Brésil), ou encore dans l’État de Californie (États-Unis).

«Pendant des décennies, PETA et nos filiales internationales ont dénoncé une cruauté horrible dans les fermes à fourrure, démontrant que les animaux passent leur vie entière confinés dans des cages grillagées exiguës et sales. Les éleveurs de fourrures utilisent les méthodes d’abattage les moins chères disponibles, y compris le bris de cou, la suffocation, l’empoisonnement et l’électrocution génitale», indique le communiqué.

«Cette victoire historique protégera d’innombrables renards, visons, lapins et autres animaux d’être violemment tués pour leur peau.»

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Un renard obèse, gavé pour sa fourrure qui sera ensuite revendue à des marques de luxe. Crédits : Oikeutta eläimille

Quelques (grosses) exceptions

Le commerce de fourrure animale sera en effet interdit «sauf pour les besoins de la recherche, de l’enseignement et de certaines traditions religieuses», souligne toutefois le ministère dans un communiqué. Un dernier point qui risque de susciter des controverses autour notamment de la tradition hassidique.

La législation autorise en effet toujours l’importation de shtreimels, ces chapeaux de fourrure à larges bords portés par de nombreux hommes Haredi (souvent appelés juifs ultra-orthodoxes) durant le Shabbat et les jours fériés. Or ces coiffes, fabriquées à partir de queues de zibelines et de renards, constituent la majorité de la fourrure portée en Israël.

Pour les obtenir, les importateurs devront désormais demander des permis spéciaux. Le pouvoir de délivrer des permis appartient au directeur de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs.