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Il y a 10 000 ans, les humains aménageaient des îlots de forêts artificielles en Amazonie !

Crédits : Université de Berne / Nature

Selon une récente étude, les premiers habitants de l’Amazonie ont aménagé pas moins de 4 700 “îles forestières” artificielles. Les spécialistes estiment que ces îlots servaient à l’agriculture. Et ceux-ci sont encore visibles aujourd’hui.

Des cultures datant de 10 000 ans

Les archéologues du monde entier ont ces dernières années fait la découverte de plusieurs zones très anciennes qui indiquent que les premiers hommes y avaient des cultures. Celles-ci se trouvent en Amérique du Sud, dans l’actuel Mexique, au Moyen-Orient ainsi qu’en Chine. Dans une étude publiée dans la revue Nature le 8 avril 2020, des archéologues suisses, espagnols, britanniques et brésiliens expliquent en avoir identifié une autre.

La zone en question se trouve au sud-ouest de l’Amazonie, plus précisément dans l’actuelle Bolivie. Il y poussait des espèces sauvages appartenant à plusieurs cultures d’importance mondiale. Citons par exemple la courge, le manioc et bien sûr, le maïs. Les archéologues ont fait état d’un projet avancé de cultures en cours il y a environ 10 000 ans. Celui-ci prenait la forme d’un grand changement du paysage originel pour la constitution d’un vaste réseau d’îles artificielles forestières.

La preuve d’aménagements humains

Dans la région, les terres étaient inondées de décembre à mars mais subissaient des épisodes de sécheresse de juillet à octobre. Autrement dit, il s’agissait de conditions plutôt difficiles pour l’agriculture. Les archéologues ont exploité des données satellites afin de cartographier 6 643 îles forestières présentes actuellement dans les plaines de Moxos en Bolivie. Ils en ont étudié 82 et ont prélevé des échantillons sur un tiers d’entre elles.

Les meneurs de l’étude expliquent que 63 îles forestières contiennent des sédiments noirs riches en matière organique. Or, il est question de traces de terre brûlée, de charbon de bois, de coquillages d’animaux mais également d’os. Il s’agit donc là de la preuve qu’il s’agit d’aménagements humains totalement artificiels et voués à l’agriculture.

îles artificielles forestières
Crédits : Université de Berne / Nature

Une agriculture plus précoce que prévu

Selon leurs estimations, les archéologues pensent que l’aménagement d’environ 4 700 de ces îles artificielles a débuté il y a environ 10 000 ans. Ces dernières ont une taille moyenne de 0,5 hectare et sont surélevées de 0,5 à 3 m au-dessus de la savane. L’objectif était de leur permettre de se maintenir au-dessus du niveau des eaux lors de la saison des pluies. Concernant les cultures, les meneurs de l’étude estiment l’arrivée du manioc il y a 10 350 ans. Citons aussi la culture de la courge, qui serait apparue il y a 10 250 ans. Quant au maïs, il serait arrivé bien après, il y a 6 850 ans.

Les meneurs de l’étude indiquent que les premiers humains ont modifié leur environnement pour répondre à leurs besoins, et ce très rapidement après leur arrivée. En effet, on estime que la culture des plantes s’est faite dans la région 8 000 ans plus tôt que ce qui était estimé jusqu’à aujourd’hui !