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Une ancienne technique des Aztèques pourrait soutenir l’agriculture urbaine !

Maquette Mexico-Tenochtitlan
Maquette de Mexico-Tenochtitlan Crédits : Max Pixel

La capitale mexicaine s’est toujours trouvée dans une situation délicate, entre le manque de terres à cultiver et une population sans cesse en augmentation. Dans le sud de la ville, une technique d’agriculture ancestrale utilisée par les Aztèques existe encore aujourd’hui. Selon un chercheur, cette même technique pourrait répondre aux problématiques liées à l’agriculture urbaine dans un contexte d’augmentation de la population des villes.

Des villes toujours plus peuplées

Nous en avons de plus plus conscience, adopter des circuits courts pour nourrir les villes apparaît logique. De plus, la part de la population urbaine ne fait qu’augmenter à l’échelle globale. Selon les prévisions, en 2050 il y aura 10 milliards d’êtres humains sur Terre et plus de 70 % d’entre eux vivront en ville. Il est également possible d’imaginer que plus le temps passera, plus les citadins seront concentrés dans d’énormes villes, comme c’est déjà en partie le cas aujourd’hui.

Comme l’explique le média Sustainability Times dans un article du 2 novembre 2019, nous devrons peut-être notre futur salut aux Aztèques. Roland Ebel, chercheur à l’Université d’État du Montana (États-Unis), estime que la technique du « chinampa » – parfois traduit en « jardin flottant » – pourrait représenter une vraie solution pour l’approvisionnement alimentaire de nos villes toujours plus grandes et peuplées.

Qu’est ce que le chinampa ?

Le chinampa est un type de surface cultivable caractérisé par un réseau de canaux et d’îles (ou îlots) artificielles. La plupart du temps de forme rectangulaire, ces îles dépassent généralement d’un mètre la surface de l’eau. Il faut savoir qu’à l’origine de la technique, les canaux ont été creusés pour faciliter l’écoulement de l’eau. Par la suite, la boue présente dans ces canaux – riche en nutriments – servait de fertilisant. Par ailleurs, les agriculteurs se sont mis à élaborer leurs semis avec un mélange de boue et de feuillage. Ils plantaient également des arbres afin de limiter l’érosion des îles par l’eau.

Cette technique survivant aujourd’hui dans le sud de Mexico permet quatre récoltes par an ! Outre une productivité exceptionnelle, les besoins en irrigation sont faibles. Par ailleurs, d’autres avantages ont été présentés par Roland Ebel. Citons la présence d’une importante biodiversité dans la zone cultivée, la séquestration des gaz à effet de serre (GES), la filtration de l’eau ainsi qu’un effet positif de régulation des microclimats.

Chinampas agriculture
Agriculture chinampa en 1912.
Crédits : Karl Weule / Wikipédia

Beaucoup de villes pourraient l’adopter

Si la technique du chinampa est aujourd’hui proposée comme une solution, ceci n’est pas un hasard. Avant l’actuelle Mexico, fondée par les Espagnols au début du XVIe siècle, se trouvait Mexico-Tenochtitlan, la capitale de l’empire aztèque construite au milieu d’un lac. Or, durant plus de deux siècles, cette cité a abrité une importante population. Celle-ci est estimée entre 150 000 et 1 million d’habitants selon les différentes recherches.

Ainsi, les chinampas ont à eux seuls assuré la moitié de la production alimentaire nécessaire à la ville ! On y cultivait principalement du maïs, des haricots et des pommes de terre. On y faisait également pousser des tomates, des avocats, des piments, des goyaves ainsi que des fleurs utilisées dans les cérémonies religieuses.

Selon Roland Ebel, une culture pleinement rétablie des chinampas permettrait une production intensive de légumes frais près de Mexico. Ceci limiterait fortement les besoins en termes de transport qui génèrent d’importantes émissions de GES. La qualité de la production s’en trouverait également améliorée par une limitation de l’utilisation des pesticides et autres fertilisants chimiques ! Pour le chercheur, ce modèle est applicable à toutes les villes situées en zone tropicale humide et proches de lacs d’eau douce.

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