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Golfe du Mexique : son influence sur les orages des Grandes Plaines aurait été surestimée

Crédits : NOAA / flickr.

Contrairement à ce que l’on pensait jusqu’à présent, les orages et les tornades des grandes plaines américaines dépendent assez peu des eaux chaudes que renferme le golfe du Mexique. C’est en tout cas ce que montre une étude récemment parue dans la revue scientifique Journal of Climate.

D’un point de vue climatologique, les grandes plaines états-uniennes sont populaires pour leur virulente saison des tornades. On rappelle que cette dernière s’étend de mars à juin avec un pic entre avril et mai. Chaque année, les violents orages qui traversent la région amènent de quelques centaines à plus d’un millier de tornades, dont certaines se révèlent particulièrement destructrices et meurtrières.

Violents orages d’Amérique du Nord : l’explication standard

On explique souvent que si les plaines sont si exposées à ce phénomène, c’est qu’elles sont le lieu où l’air chaud et humide du golfe du Mexique rencontre l’air froid et sec du Canada. La mise en contact de ces deux masses d’air, facilitée par la présence des Rocheuses qui appellent des mouvements nord-sud, serait ainsi responsable de fréquentes explosions orageuses.

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Supercellule orageuse au Kansas le 10 mai 2014. Crédits : NOAA Weather in Focus Photo Contest 2015.

Bien que cette explication soit simplifiée à l’extrême, elle suppose néanmoins la proximité d’un vaste réservoir de chaleur humide au sud, le golfe du Mexique, et d’un relief élevé plus à l’ouest, les Rocheuses. Or, selon de récents travaux, l’un de ces deux éléments n’aurait pas l’importance qu’on lui pensait jusqu’à présent.

Une réalité plus complexe

Grâce à un modèle de circulation générale, des chercheurs ont évalué l’importance relative de ces deux éléments. En changeant quelques lignes de code au programme informatique, il est en effet possible de transformer les montagnes de l’Ouest américain en plaines ou de remplacer l’océan du golfe par des terres. En confrontant les différentes simulations, le rôle joué par chaque facteur peut ensuite être isolé.

Comme attendu, l’absence des Rocheuses réduit considérablement le nombre d’orages violents dans l’intérieur du continent en raison d’une atmosphère devenue plus froide et sèche. Toutefois, ce qui a surpris les scientifiques est que la présence ou non des eaux du golfe avait finalement assez peu d’influence. On constate tout au plus un léger déplacement des orages vers l’est, mais sans influence forte sur leur intensité ou leur fréquence.

Ces résultats montrent que notre compréhension des mécanismes responsables du fait que l’Amérique du Nord soit un point chaud en termes d’activité orageuse et tornadique est encore sujette à des zones d’ombre. De futurs travaux seront nécessaires pour éclaircir la question. En particulier, les raisons pouvant expliquer pourquoi les eaux chaudes du golfe du Mexique ne semblent jouer qu’un rôle limité.