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Au Pérou, les glaciers fondent à une vitesse folle

À droite, le glacier Yanamarey photographié en 1982. À gauche, le même glacier photographié en 2019. Crédits : Unité de glaciologie de la National Water Authority

Un récent rapport de l’Autorité nationale de l’eau (ANA) du Pérou nous révèle que les glaciers du pays ont perdu 51% de leur surface au cours des 60 dernières années. En cause ? Le changement climatique. 

Les glaciers sont des écosystèmes très sensibles au réchauffement du climat. Les contributions les plus importantes à cette perte de masse mondiale sont à mettre au crédit des glaciers du Golfe de l’Alaska, de l’Arctique canadien, des glaces du Groenland ou de l’Antarctique. Mais d’autres régions sont également touchées. Il y a quelques mois, nous apprenions par exemple que près de 90% des glaciers alpins pourraient disparaître d’ici la fin du siècle.

Les chiffres alarmants de la fonte des glaciers au Pérou

La situation est particulièrement inquiétante dans l’Himalaya, mais aussi dans les Andes, notamment au Pérou. Selon un récent rapport signé de l’Autorité nationale de l’eau (ANA) du pays, le Pérou aurait en effet perdu 51 % de ses surfaces glaciaires entre 1959 et 2019.

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Crédits : Thorge/Pixabay

Parmi les glaciers les plus touchés figure notamment le Pastoruri, situé dans la région d’Ancash, au nord du pays. Long de 5 200 mètres, il est depuis longtemps considéré comme l’un des joyaux touristiques du parc national de Huascarán.

« Entre 1980 et 2019, il a reculé de plus de 650 mètres, formant un nouveau lac en contact avec le glacier et qui continue de croître », peut-on lire dans le rapport.

Le glacier Yanamarey, situé à 4 856 mètres d’altitude dans le district de Ticapampa, est également sérieusement en déclin. Si en 1972 la structure tapissait environ 1,35 kilomètre carré de de terrain, il n’occupe aujourd’hui que 0,29 kilomètre carré de territoire. En 42 ans, le réchauffement climatique a tout bonnement fait fondre 78,5% de sa surface glaciaire.

Pour Alejo Cochachi Rapre, chef de l’unité de la glaciologie et des ressources en eau de l’ANA, ce glacier est d’ailleurs condamné. À ce rythme, et si l’on tient compte des projections de températures à venir, le glacier Yanamarey pourrait disparaître dans les 10 ans.

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À droite, le glacier Yanamarey photographié en 1982. Le même glacier, à gauche, photographié en 2019. Crédits : Unité de glaciologie de la National Water Authority

Un danger pour les communautés locales

Cette fonte rapide du Yanamarey aura de véritables répercussions sur les communautés rurales de Recuay, qui dépendent de ce réservoir d’eau douce pendant les saisons sèches pour leurs plantations et pour abreuver le bétail.

« Les villageois vivant près des glaciers pensent que les montagnes enneigées ne disparaîtront jamais, souligne Alejo Cochachi Rapre. Bien que la surface du glacier se rétracte, ils ne veulent pas se rendre compte que le Yanamarey manquera de plus en plus d’eau, et ils continuent de gaspiller leurs ressources ».

Or, plus les réserves s’épuiseront, plus l’eau traversant la région deviendra impropre à la consommation en raison de ses fortes concentrations d’acides et de métaux lourds.

De son côté, l’ANA a initié plusieurs actions de sensibilisation auprès des communautés vivant à proximité des glaciers. Les paysans ont notamment été exhortés à cesser de brûler l’herbe, car les cendres viennent se poser directement sur les surfaces glaciaires (ce qui les assombrit).

En outre, de petits réservoirs pour stocker l’eau de pluie commencent également à être construits, dans le but de réutiliser cette ressource pendant les saisons sèches.