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De possibles réserves d’eau repérées dans le plus grand canyon du Système solaire

Crédits : NASA picture derivative work

Une équipe rapporte la détection d’une quantité inhabituellement élevée d’hydrogène dans la partie centrale de Valles Marineris, un vaste système de canyons situé près de l’équateur martien. Ces données doivent encore être confirmées. Toutefois, elles suggèrent la présence d’eau en grande quantité enfouie à quelques centimètres sous la surface, probablement sous forme de glace.

FREND est un télescope à neutrons épithermiques embarqué sur le ExoMars Trace Gas Orbiter, une sonde développée par l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’agence russe Roscosmos. Comme son nom l’indique, cet instrument se concentre sur les neutrons. Concrètement, des neutrons sont libérés lorsque des particules hautement énergétiques (rayons cosmiques) frappent la planète Mars. Les sols plus secs émettant plus de neutrons que les plus humides, cet instrument peut donc déduire la quantité d’hydrogène dans un sol en mesurant les neutrons qu’il émet.

Nous savons qu’il y a de l’eau sur Mars, principalement au niveau des pôles sous forme de glace. À l’équateur, les conditions sont en revanche trop chaudes pour que de la glace d’eau se forme en surface. En revanche, il est possible que de l’eau se trouve en dessous, ce qui nous amène à cette étude publiée dans la revue Icarus.

Une région de la taille des Pays-Bas

Dans le cadre d’une campagne d’observations récente, l’instrument FREND aurait en effet repéré une quantité inhabituellement élevée d’hydrogène au cœur de Valles Marineris (une région nommée Candor Chaos). Pour rappel, Valles Marineris est un vaste système de canyons s’étendant sur 3 770 km pouvant atteindre localement une largeur de 600 km. C’est à ce jour la plus importante structure de ce type connue dans le Système solaire.

Des recherches antérieures effectuées par d’autres satellites martiens ont mesuré la présence de glace d’eau souterraine dans ces conditions, mais uniquement à des latitudes plus élevées.

Valles Marineris canyons mars eau
Crédits : NASA / JPL-Caltech / Arizona State University

La découverte suggère qu’à des profondeurs allant jusqu’à un mètre sous la surface, le sol de cette région qui fait à peu près la taille des Pays-Bas pourrait être riche en eau. Sur place, les minéraux contiennent généralement très peu d’eau. Aussi, les chercheurs pensent que la substance se présente probablement sous la forme de glace d’eau.

D’après les mesures, jusqu’à 40% de la matière près de la surface de cette région pourrait être de l’eau. Les chercheurs font notamment référence aux régions de pergélisol de la Terre où la glace persiste en permanence sous un sol sec en raison des basses températures constantes.

La question de savoir comment cette eau a pu persister dans cet environnement interroge encore les chercheurs. Les conditions de pression et de température à l’équateur de Mars devraient en effet interdire la formation de telles réserves. Une enquête plus approfondie sera donc nécessaire, mais une telle découverte pourrait avoir de grandes implications. En effet, tout comme c’est le cas sur Terre, ce pergélisol martien pourrait avoir conservé des fragments congelés de vie microbienne. La découverte représente également des possibilités passionnantes pour l’exploration humaine de Mars.