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Découverte des plus anciens fossiles de Dénisoviens

Crédits : Katerina Douka

Une équipe d’anthropologues annonce avoir déterré les plus anciens fossiles de Dénisoviens à ce jour. Avec ces ossements vieux de 200 000 ans, les chercheurs ont également découvert pour la première fois des artefacts en pierre liés à ces parents éteints de l’Homme moderne. Les détails de ces travaux ont été rapportés dans la revue Nature Ecology & Evolution.

Trois molaires, un morceau d’auriculaire, deux fragments de crânes et une mandibule : telles étaient les seules preuves de l’existence passée des Dénisoviens. Cinq de ces fossiles ont été déterrés dans la grotte de Denisova, en Sibérie, tandis que l’un d’entre eux fut déterré en Chine. Ces quelques restes tous datés à entre 122 000 à 194 000 ans nous ont tout de même permis de déterminer plusieurs points.

D’une part, les Dénisoviens sont les plus proches parents connus de l’Homme moderne avec les Néandertaliens et ils auraient pu être autrefois répandus en Asie continentale, en Asie du Sud-Est insulaire et en Océanie. D’autre part, que Dénisoviens et Néandertaliens ont divergé il y a environ 744 000 ans avant de cohabiter. Enfin, nous savons également qu’au moins deux groupes distincts de cette espèce se sont croisés avec les ancêtres des humains modernes.

Désormais, les chercheurs ont découvert trois autres fossiles appartenant à cette espèce, toujours dans la même grotte de l’Altaï. D’après les premières analyses, ces restes auraient environ 200 000 ans. Ce sont donc les plus anciens ossements de Dénisoviens jamais découverts.

Des ossements, mais aussi des outils

Dans le cadre de cette nouvelle étude, l’équipe de Katerina Douka, de l’Université de Vienne (Autriche), a examiné 3 791 fragments d’os de la grotte. Parmi ces restes, seuls cinq ossements étaient « humains » et quatre d’entre eux contenaient suffisamment d’ADN pour révéler leur identité. L’un était Neandertal, tandis que les trois autres étaient de l’espèce Denisova. Sur la base de similitudes génétiques, deux de ces fossiles peuvent provenir d’une même personne ou d’individus apparentés.

En plus de ces ossements, la couche de terre dans laquelle ils étaient contenus abritait également une multitude d’artefacts en pierre, pour la plupart des outils de grattage. Ces restes très précieux pourraient alors nous en apprendre davantage sur la vie et le comportement de ces anciens cousins. « C’est la première fois que nous pouvons être sûrs que les Dénisoviens sont les créateurs de vestiges archéologiques« , rapporte Katerina Douka.

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L’entrée de la grotte. Crédits : Katerina Douka

À leur époque, il y a environ 200 000 ans, les chercheurs suggèrent que ces individus évoluaient dans un climat comparable à celui d’aujourd’hui au milieu de forêts de feuillus et de steppes ouvertes. D’après, les restes d’animaux retrouvés sur place, ces anciens cousins se nourrissaient probablement de cerfs, de gazelles, de chevaux, de bisons et de rhinocéros laineux. « Nous pouvons en déduire que les Dénisoviens étaient bien adaptés à leur environnement, utilisant toutes les ressources à leur disposition« , poursuit l’anthropologue.

En outre, les restes osseux de loups et de chiens sauvages retrouvés dans la même suggèrent que ces individus devaient probablement rivaliser avec ces prédateurs pour les proies, et peut-être même pour la grotte elle-même.

Pour l’heure, les fouilles se poursuivent. L’équipe espère évidemment tomber sur d’autres ossements appartenant à cette espèce encore très mystérieuse.