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Deux gros morceaux de débris spatiaux pourraient entrer en collision cette nuit

Crédits : Agence Spatiale Européenne (ESA)

Le service de suivi des débris spatiaux LeoLabs prévient : un morceau de fusée chinoise et un ancien satellite militaire russe devraient passer à quelques mètres l’un de l’autre dans la nuit de jeudi à vendredi. D’après les chercheurs, les chances de collision sont supérieures à 10%.

On le sait, l’espace est encombré. L’orbite terrestre est actuellement pollué par plus de 130 millions de débris spatiaux. Sur cet échantillon, un peu plus de 30 000 mesurent plus de dix centimètres de diamètre. Ces objets, qui filent dans l’espace à plusieurs milliers de km / h, constituent ainsi une vraie menace pour les satellites actifs et les occupants de l’ISS. Occasionnellement, il peut également arriver que certains de ces débris se rencontrent. D’ailleurs, une telle collision pourrait avoir lieu cette nuit.

Plus de 10% de chance

D’après le service de suivi des débris spatiaux LeoLabs, un ancien étage de fusée chinoise et un ancien satellite militaire russe passeront à une douzaine de mètres l’un de l’autre ce vendredi 16 octobre à 02h56 du matin (heure française). D’après les chercheurs, il y a plus de 10% de chance que les deux objets entrent finalement en collision au-dessus de la mer de Weddell, au large de la péninsule antarctique, à environ 991 kilomètres d’altitude.

La collision, si elle a lieu, n’aura aucun impact pour les habitants terrestres. En revanche, elle ne ferait que multiplier le nombre de déchets spatiaux actuellement en orbite. D’après les chercheurs, au moins 400 débris pourraient résulter de cette rencontre. À une telle altitude, certains pourrait mettre des semaines, voire des mois avant de finalement brûler dans l’atmosphère.

Les deux objets sont en effet substantiels, avec une masse combinée d’environ 2 800 kilogrammes voyageant dans des directions opposées avec une vitesse relative de 14,7 kilomètres par seconde ! L’étage de la fusée chinoise avait intégré une Long March 4B, lancée le 10 mai 1999. Le satellite russe, de son côté, a été lancé le 22 février 1989. Il n’est aujourd’hui plus opérationnel. Ainsi, aucun de ces deux objet ne peut être manoeuvrés depuis le sol pour tenter d’éviter la collision.

Nettoyer l’espace de toute urgence

Ce type d’événement pourrait également être plus fréquent à l’avenir. Pour rappel, si nous avons déjà placé environ 10 000 objets en orbite depuis l’aube de l’ère spatiale en 1957, n’oublions pas que certaines sociétés prévoit officiellement de lancer des milliers de satellites supplémentaires en orbite basse (LEO) dans le cadre de leur constellation. Ainsi, les risques de collisions vont mathématiquement se multiplier.

Dans le but de répondre à cette menace, plusieurs solutions sont actuellement pensées. Certaines agences et autres sociétés d’ingénierie développent actuellement de nouvelles technologies, telles que les manoeuvres automatisées de prévention des collisions, ou encore des moyens de collecte des déchets spatiaux. Nous savons, par exemple, que la Chine envisage d’utiliser des lasers, tandis que l’ESA, dans le cadre de son projet RemoveDebris, propose de son côté la capture de satellites grâce à des filets.