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Covid-19 : pourquoi certains variants pourraient tirer un avantage de la vaccination ?

Crédits : Pexels

Un spécialiste des modélisations d’épidémies a affirmé que certains variants moins sensibles à la vaccination pourraient davantage se propager. Ceci pourrait notamment se produire lorsque la population française ferait l’objet d’une immunisation contre la souche historique du SARS-CoV-2 et le variant anglais.

Des variants avantagés par la vaccination

Le 26 avril 2021, le Premier ministre Jean Castex était en déplacement à l’aéroport de Roissy. À cette occasion, l’intéressé constatait la mise en place d’un nouveau protocole concernant les voyageurs en provenance de plusieurs pays, à savoir l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Brésil, le Chili et l’Inde. Le Premier ministre avait également déclaré que les variants sud-africain et brésilien étaient très peu nombreux et avaient tendance à régresser.

Actuellement en France, ces variants représentent effectivement une infime part des contaminations. En revanche, ces derniers sont source d’inquiétude, tout comme le variant indien faisant abondamment parler de lui depuis peu. Dans notre pays, la souche historique du coronavirus ainsi que le variant anglais sont dominants, et les actuels vaccins permettent une immunisation. Néanmoins, les autres variants causeraient un échappement immunitaire, un phénomène expliqué dans 20 Minutes par Jean-Stéphane Dhersin, du Laboratoire d’analyse, géométrie et application (LAGA) de l’Université Paris 8.

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Crédits : U.S. Secretary of Defense/Wikipédia

« Plus il va y avoir de gens vaccinés et immunisés, plus les variants favorisés par l’échappement immunitaire vont avoir un avantage », a affirmé l’intéressé.

Contrer l’échappement immunitaire

À la question de savoir si les variants brésilien, sud-africain et indien pouvaient s’imposer en France, Jean-Stéphane Dhersin rappelle tout d’abord que le virus mute tout le temps. Dans le cas d’une mutation, il devient question d’un avantage par rapport à la souche précédente. Il peut s’agir d’un avantage de transmission, en raison d’une plus forte virulence ou d’une infection durant plus longtemps chez les patients. C’était notamment le cas du variant anglais – 1,5 fois plus contagieux que la souche historique alors que le taux de reproduction (R) était égal à 3.

Ce R baisse en raison de la vaccination, mais aussi du fait des mesures barrières. En revanche, les récents variants ont un avantage : l’échappement immunitaire. Il est question d’une baisse de la sensibilité face à l’immunité acquise par la maladie et la vaccination. Dans ce cas, le R peut seulement baisser grâce aux mesures barrières. Par ailleurs, lorsque la vaccination aura atteint ses objectifs, le R du variant anglais va chuter. Or, les autres variants pourraient – grâce à l’échappement immunitaire – être insensibles à la vaccination et s’imposer, avant de devenir la source d’une nouvelle flambée de cas. Selon Jean-Stéphane Dhersin, il est nécessaire d’installer un plan de surveillance génomique intelligent.

L’expert affirme également que l’augmentation des risques de propagation des variants va de pair avec un taux d’incidence élevé. Or, les sérums à vecteur viral d’AstraZeneca et Janssen permettent une baisse du taux d’incidence. Par la même, ils permettent une baisse des risques d’échappement immunitaire. La suite des événements repose donc en grande partie sur un bon choix de vaccin. L’autre partie repose sur les mesures prises par les autorités, la façon dont celles-ci sont appliquées et le moment où elles seront levées.