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Volkswagen : des singes et des humains exposés aux vapeurs de diesel dans des essais secrets

Crédits : iStock

Des rapports alarmants révélaient il y a quelques jours que le constructeur automobile allemand Volkswagen aurait participé à des expériences pendant lesquelles des singes et des participants humains étaient intentionnellement exposés à des vapeurs toxiques de diesel.

Un laboratoire aurait ici fait inhaler des gaz d’échappement à des singes et des humains volontaires pour prouver la faible nocivité d’un moteur diesel construit par Volkswagen. Ces expériences secrètes révélées par le New York Times, qui ont eu lieu aux États-Unis et en Allemagne, faisaient partie d’une initiative de recherche sur le « diesel propre » financée par Volkswagen, le plus grand constructeur automobile du monde. Les constructeurs Daimler et BMW seraient également impliqués.

Le Lovelace Respiratory Research Institute, basé à Albuquerque (Nouveau-Mexique), aurait ici procédé en 2014 à des tests lors desquels des gaz d’échappement ont été respirés par des singes afin de mieux comprendre leurs effets sur la santé. Dix macaques ont ainsi été enfermés dans une chambre isolée où arrivaient les fumées d’un véhicule posté à proximité. Des dessins animés étaient diffusés pour divertir les primates, peut-on lire. Le but : prouver que les normes polluantes américaines étaient respectées. Comble de l’histoire, la Beetle utilisée pour les tests était équipée d’un dispositif capable de masquer les réels niveaux de pollution toxique au dioxyde d’azote pompée par l’échappement de la voiture. Ces mêmes dispositifs qui avaient déjà été mis en cause dans le « dieselgate » de 2015.

Conscient de l’impact médiatique d’une telle révélation, le groupe allemand s’est de suite excusé dès la publication des résultats pour « l’inconduite et le manque de jugement de certains responsables ». « Nous sommes convaincus que les méthodes scientifiques retenues étaient erronées. Il aurait mieux valu ne pas conduire cette étude du tout », déclare en outre le constructeur. « Ces tests sur les singes ou même les humains ne sont en aucune manière éthiquement justifiés », a régi de son côté Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel. « L’indignation ressentie par beaucoup de gens est complètement compréhensible ».

Le Stuttgarter Zeitung a par ailleurs surenchéri sur l’affaire avec une nouvelle révélation ce dimanche. Des tests, menés par l’Université d’Aix-la-Chapelle en Allemagne en 2013 et 2014, auraient en effet impliqué non plus des singes, mais 25 jeunes adultes en bonne santé inhalant des concentrations variables de dioxyde d’azote pendant plusieurs heures. Pour l’heure, le constructeur n’a pas réagi.

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