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Voici quelques-unes des galaxies les plus anciennes jamais découvertes

Crédits : pxhere

Une récente étude menée par des chercheurs de l’Université de Durham (Royaume-Uni) et du Centre d’astrophysique Harvard-Smithsonian (États-Unis) suggère que les plus petites galaxies satellites gravitant autour de notre propre Galaxie sont très anciennes. Il s’agit même de quelques-unes des premières galaxies formées dans l’Univers.

Trouver certaines des premières galaxies de l’Univers en orbite autour de la Voie lactée « équivaut à trouver les restes des premiers humains qui habitaient la Terre », s’enthousiasment les chercheurs. Une récente analyse du voisinage de notre Galaxie montre en effet que les dénommées Segue-1, Bootes I, Tucana II et Ursa Major I, serait âgées de plus de 13 milliards d’années. Ce sont quelques-unes des plus petites galaxies satellites de la Voie lactée. Elles se seraient ainsi formées moins de 800 000 ans après le Big Bang, cet événement cosmique qui vit apparaître le temps et l’espace.

La découverte est importante, puisqu’elle nous éclaire sur la prime jeunesse de l’Univers. Celui-ci, après 380 000 ans, baignait dans ce que les astronomes appellent un « âge sombre cosmique ». C’est une époque durant laquelle les premières galaxies ont émis un rayonnement ultraviolet très intense, alors les atomes d’hydrogène se sont retrouvés ionisés (ont perdu leurs électrons). Cela a rendu le refroidissement de ce gaz et la formation de nouvelles étoiles très compliqués.

Les chercheurs – qui publient leurs travaux dans The Astrophysical Journal expliquent en fait avoir identifié deux populations de galaxies satellites gravitant autour de la Voie lactée. Une première est constituée des galaxies formées pendant les « âges sombres cosmiques ». Sownak Bose, du Centre d’astrophysique Harvard-Smithsonian à Cambridge, explique notamment que pour « certains de ces minuscules satellites, 50 %, voire 90 % de leur masse ont été assemblés moins d’un milliard d’années après le Big Bang ». La deuxième population, constituée de galaxies légèrement plus lumineuses, semble quant à elle s’être formée des centaines de millions d’années après la première.

Entre les deux populations décrites, le processus de formation des galaxies s’était en fait arrêté, et aucune nouvelle galaxie n’a pu se former pendant des centaines de millions d’années (durant la phase de « réionisation »). Cette époque prit fin lorsque les amas de matière noire dans lesquels le gaz s’était installé sont devenus si massifs que même le gaz ionisé a pu se refroidir. Des galaxies plus grandes et lumineuses ont ainsi pu voir le jour, comme notre propre Voie lactée.

Notons par ailleurs que s’il s’avère effectivement que quelques-unes des plus anciennes galaxies de l’Univers se trouvent à notre « porte cosmique », il est important de considérer que ces reliques doivent être en nombre important dans l’Univers. Elles sont peut-être même plus nombreuses que les galaxies lumineuses. Le fait que celles-ci soient très proches nous a simplement permis de les détecter plus facilement.

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