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Vaginisme : quand la pénétration devient une phobie

Crédits : Tina Franklin/Flickr

Vous avez mal lorsque vous devez mettre un tampon ou simplement vous rendre chez le gynécologue ? Pire, vous ne pouvez pas faire l’amour sous peine de subir des douleurs atroces ? Vous souffrez peut-être de vaginisme, un trouble psychologique qui touche 1 à 3% des femmes en France. Mais rassurez-vous, 95% des femmes qui en sont atteintes en guérissent. 

Le vaginisme, qu’est-ce que c’est ?

Sous son nom barbare, le vaginisme possède une définition simple : c’est tout bonnement la phobie de la pénétration. Il est appelé “primaire” s’il a débuté avec la vie sexuelle de la femme, et “secondaire” s’il se déclare plus tard, du jour au lendemain. Dans ce dernier cas, il survient généralement suite à une longue période de douleurs lors des rapports sexuels, douleurs qui apparaissent le plus souvent à cause d’une opération chirurgicale récente ou d’une maladie infectieuse.

Lorsque la femme qui souffre de vaginisme est sur le point de faire l’amour, de mettre un tampon ou de subir un examen gynécologique, les muscles de son vagin (du périnée plus exactement) se contractent de façon involontaire, rendant impossible toute pénétration. C’est exactement le même mécanisme que celui de l’oeil qui se met à ciller ou se ferme afin d’éviter qu’une poussière ne rentre à l’intérieur.

Et si pénétration il y a, celle-ci ne se fait pas sans une souffrance insupportable (sensation de brûlure, d’irritation, voire même de blessure à l’entrée du vagin). Or, contrairement à ce que certaines femmes pensent, il n’est absolument pas normal d’avoir mal lorsqu’on fait l’amour. Pourtant, de nombreuses femmes choisissent de ne pas en parler, considérant le sujet comme tabou, et se considérant elles-mêmes comme “anormales”, tout en ayant peur d’avoir un problème physique. Cette anxiété ressentie et non exprimée contribue à renforcer la phobie de la pénétration, les faisant rentrer dans un cercle vicieux particulièrement difficile à enrayer. Le seul moment où leur parole se délie est lorsqu’elles cherchent à avoir un enfant.

Le vaginisme est avant tout un mécanisme de défense, une sorte de réflexe incontrôlable qui peut être difficile à surmonter seule, même avec la meilleure volonté du monde. Il est donc indispensable de consulter un sexologue ou un gynécologue pour espérer s’en sortir et faire cesser le supplice.

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Crédits : iStock

Les causes du vaginisme

Le vaginisme trouve toujours son origine au niveau psychologique, mais les causes peuvent être nombreuses :

  • La peur de tomber enceinte, d’avoir un enfant : la femme a de grandes difficultés à s’imaginer accoucher et s’occuper d’un bébé.
  • La peur d’avoir mal, notamment suite à un accouchement.
  • La peur des infections sexuellement transmissibles.
  • Le refus de grandir, de devenir une femme.
  • Une expérience sexuelle traumatisante ou douloureuse (viol, agression sexuelle, première fois douloureuse, partenaire maladroit, examens médicaux invasifs…).
  • Un choc sentimental, voire même professionnel.
  • Une vision erronée de son corps : suite à un manque d’information et au fait que la femme n’a jamais exploré son appareil génital, elle pense qu’elle possède un vagin petit, trop étroit pour accueillir un pénis ou qu’un hymen indéchirable y obstrue l’entrée.
  • Une éducation trop stricte : la femme a une vision péjorative de la sexualité suite à des interdits moraux ou religieux forts, ce qui la culpabilise.

Le vaginisme peut atteindre différents degrés de sévérité : certaines femmes éprouvent un blocage par rapport au simple fait de laisser entrer un pénis en elles – le vaginisme est alors partiel – quand d’autres ne peuvent tout simplement rien insérer ou laisser pénétrer dans leur vagin, même pas un doigt – le vaginisme est alors total.

Les traitements contre le vaginisme

Lors de la consultation chez le sexologue, ce dernier s’assurera que le problème ne provient pas d’une malformation anatomique ou d’une maladie infectieuse mais bel et bien d’un trouble psychologique. Une fois le diagnostic posé, le travail de guérison pourra commencer sous la forme, selon la cause du vaginisme, d’une psychothérapie, d’une psychanalyse ou encore d’une sexothérapie. Des séances d’hypnose, de sophrologie ou même de méditation peuvent également être prescrites et donner lieu à des résultats étonnants.

Dans tous les cas, il s’agit de faire parler la patiente afin de comprendre ses angoisses profondes, de lui permettre de s’approprier son corps (grâce à des jouets sexuels par exemple) pour mieux le contrôler, de dénouer les blocages et surtout de se relaxer, notamment au niveau des muscles péri-vaginaux.

Le sexologue confie ensuite des exercices à faire à la maison, seule ou en couple. Toutefois, l’implication du partenaire dans le travail de guérison est considéré comme essentielle. Il est ainsi conseillé, une fois le trouble surmonté, de redémarrer une vie sexuelle avec des positions dans lesquelles la femme a le contrôle, comme la position d’Andromaque par exemple où la femme est à califourchon sur l’homme qui, lui, est allongé sur le dos. Ainsi, elle aura moins l’impression de subir la pénétration, mais de la choisir.

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Crédits : iStock

Par ailleurs, les sexologues font parfois le choix d’utiliser des dilatateurs vaginaux, sortes de godemichets, afin d’aider les femmes les plus bloquées à se désensibiliser. Il existe des dilatateurs vaginaux de plusieurs tailles, mais la femme commence d’abord par insérer le plus petit dans son vagin. L’opération doit être répétée un petit peu tous les jours jusqu’à ce qu’elle ait complètement accepté la pénétration et qu’elle puisse passer à la taille supérieure. L’objectif est de l’habituer petit à petit à l’acte d’insérer un objet dans son vagin afin de la confronter à sa peur et de déconstruire progressivement le mécanisme phobique. Cette rééducation doit se faire selon le rythme de chacune, mais il est conseillé de choisir un moment calme de la journée et d’imprégner l’extrémité du dilatateur d’un peu de lubrifiant afin de faciliter les choses.

Mais attention, même si les chances de guérison sont fortes, mieux vaut être patient : en effet, les résultats ne peuvent se faire sentir qu’au bout de plusieurs mois.

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