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Une planète géante se cacherait-t-elle au-delà de Neptune ?

Crédits : NASA JPL

Des anomalies dans les orbites de plusieurs corps de la ceinture de Kuiper, cette zone pleine de débris gelés dans laquelle orbite l’ex-planète Pluton pousse des astrophysiciens à postuler la présence d’un corps massif au-delà de l’orbite de Neptune.

Ce sont deux objets de la ceinture de Kuiper, Sedna et 2012VP113 qui ont attiré l’attention des astronomes Chad Trujillo et Scott Sheppard par l’allure de leurs orbites. Si la plupart des corps dans notre système solaire tendent à avoir des orbites assez circulaires, ces deux larrons tournent autour du soleil en formant des ellipses très allongées. Par exemple, Sedna s’approche du soleil à une distance de 75 unités astronomiques (la distance Terre-Soleil, soit environ 150 millions de kilomètres), pour s’en éloigner jusqu’à 900 unités astronomiques. Ce sont au total 12 objets aux orbites ainsi allongées qui ont été découverts orbitant dans la ceinture de Kuiper.

Autre fait marquant, leurs périhélies, ou le point auquel ils passent au plus près du soleil sont regroupés quasiment sur le même plan. Ce pourrait être une indication qu’ils ont été projetés sur leurs orbites actuelles par l’interaction gravitationnelle avec un corps massif, situé bien au-delà de l’orbite de Neptune, la planète la plus éloignée que l’on connaisse jusqu’à présent. D’après Trujillo et Sheppard, la présence d’une planète de 2 à 15 fois plus massive que la Terre, et orbitant huit fois plus loin du Soleil que Neptune pourrait expliquer les anomalies dans les orbites de 12 corps qui ont été observées, mais d’autres configurations, comme deux planètes, ou une seule de la masse de Mars, mais plus proche du Soleil peuvent également expliquer l’anomalie.

Pour l’instant, rien n’est certain, et si l’hypothèse de la présence d’une ou plusieurs planètes massives dans les confins de notre système solaire est tentante, elle reste à confirmer, par la collecte de plus de données sur les corps de notre système solaire, afin d’éliminer toutes les autres explications possibles.

Sources : sciencenews.orgRoyal Astronomical Society Letters

Illustration : NASA JPL