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Un test d’urine pour aider à la détection précoce des tumeurs cérébrales

Crédits : frolicsomepl/Pixabay

Une étude menée par des chercheurs japonais suggère que les microARN contenus dans l’urine pourraient être des biomarqueurs prometteurs pour diagnostiquer les tumeurs cérébrales à un stade précoce. Les résultats sont publiés dans la revue ACS Applied Materials & Interfaces.

Le diagnostic des tumeurs cérébrales est généralement posé après le passage des patients au scanner ou à l’IRM. Or, ces derniers sont proposés après l’apparition de symptômes neurologiques, tels que l’immobilité des membres et l’incapacité de parler. Le problème est qu’à ce stade, les tumeurs sont déjà trop massives pour être complètement éliminées, ce qui réduit inévitablement le taux de survie des patients. Dans le cadre d’une étude, des chercheurs de l’Université de Nagoya ont développé un test permettant d’avancer le diagnostic.

Les microARN comme biomarqueurs

Depuis plusieurs années, des tests d’urine – comme des tests sanguins – sont développés pour détecter la présence de cancers de manière non invasive avant l’apparition des symptômes cliniques typiques. L’idée, grossièrement, consiste à prélever un échantillon de fluide et de l’analyser en se focalisant sur des biomarqueurs corrélés à la maladie. Ces travaux se sont révélés prometteurs avec les cancers de la vessie, du pancréas ou de la prostate, notamment.

Jusqu’à présent, en revanche, il n’existait pas de moyen de détection précoce pour les tumeurs du système nerveux central (SNC).

Il est en effet difficile de proposer une biopsie liquide pour un test sanguin dans la mesure où la barrière hémato-encéphalique tend à restreindre les échanges moléculaires entre le parenchyme et le sang. D’un autre côté, la biopsie liquide à base d’urine n’a pas reçu énormément d’attention en raison de l’absence de moyen satisfaisant de collecter des biomarqueurs urinaires.

Dans le cadre d’une nouvelle étude, l’équipe de Nagoya s’est concentrée sur ce dernier point. Leur idée : s’appuyer sur les microARN, de petites molécules d’acide nucléique sécrétés par diverses cellules et présentes dans un état stable et intact dans les fluides biologiques comme le sang et l’urine.

«La biopsie liquide à base d’urine n’avait pas été entièrement étudiée pour les patients atteints de tumeurs cérébrales, car aucune des méthodologies conventionnelles ne peut extraire efficacement les microARN de l’urine en termes de variétés et de quantités», explique le Pr. Atsushi Natsume. «Nous avons donc décidé de développer un appareil capable de le faire».

test urine cancer
Crédits : jarmoluk/Pixabay

Des résultats prometteurs

Le nouveau dispositif développé se compose de cent millions de nanofils d’oxyde de zinc capables d’extraire une plus grande variété et quantité de microARN à partir d’un millilitre d’urine seulement par rapport aux méthodes conventionnelles. Ces nanofils, notent les chercheurs, peuvent également être stérilisés et produits en série.

Après avoir extrait ces molécules, l’équipe du Professeur Natsume a testé leur valeur en tant que biomarqueur de tumeurs cérébrales. Pour ce faire, ils ont utilisé un modèle de diagnostic basé sur l’expression de microARN dans des échantillons d’urine de patients atteints de tumeurs cérébrales et d’individus non cancéreux. D’après l’étude, ce modèle pouvait distinguer les patients cancéreux de ceux du groupe témoin avec une sensibilité de 100 % et une spécificité de 97 %, indépendamment de la malignité et de la taille des tumeurs.

Des travaux supplémentaires seront évidemment nécessaires avant de pouvoir pleinement profiter de cette nouvelle technique, mais elle s’annonce très prometteuse. Pour les chercheurs, elle pourrait être utile pour le dépistage précoce des types agressifs de cancer du cerveau, comme les glioblastomes, mais également pour d’autres types de cancer.