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Les restes d’un ours vieux de 3,5 millions d’années retrouvés au Canada

Crédits : Mauricio Antón

Des chercheurs du Musée canadien de la nature et du Musée d’histoire naturelle du comté de Los Angeles ont identifié des restes d’un ours vieux de 3,5 millions d’années provenant d’un site riche en fossiles dans l’Extrême-Arctique canadien. Et cet ours avait des caries.

L’animal, dont on ne connaissait jusqu’à ce jour l’existence que par la découverte d’une dent retrouvée dans l’Idaho, aux États-Unis, semble être un proche parent de l’ancêtre des ours modernes. Protarctos abstrusus était en revanche légèrement plus petit qu’un ours noir, avec une tête plus plate, dotée d’une mâchoire qui présentait une combinaison de crocs, certains primitifs, d’autres plus évolués. Les résultats sont publiés aujourd’hui dans la revue Scientific Reports.

« Ceci est la preuve du record le plus septentrional pour les ours primitifs, nous donnant une idée de ce à quoi l’ancêtre des ours modernes aurait pu ressembler », explique le Dr Xiaoming Wang, paléontologue au Musée du comté de Los Angeles. « Tout aussi intéressante est la présence de caries dentaires, ce qui nous montre que les infections buccales ont une longue histoire évolutive chez les animaux ». Cet ours primitif vieux de 3,5 millions d’années se délectait alors probablement d’un régime sucré, vraisemblablement issu des baies, en prévision des rudes hivers arctiques.

Crédits : Xiaoming Wang

Ces os ont été découverts sur une période de 20 ans dans une localité fossile de l’île d’Ellesmere, connue sous le nom de site de l’étang Beaver. Les dépôts de tourbe comprennent également des plantes fossilisées indiquant la présence à l’époque d’une forêt humide de type boréal. D’autres fossiles ont également été découverts, y compris des poissons, des castors, des petits carnivores, des chevreuils et un cheval à trois doigts. Les résultats suggèrent également que la région a été plongée dans l’obscurité totale en hiver, et qu’il y avait environ six mois de glace et de neige par année.

« C’est une découverte importante, en partie parce que tous les autres ours antiques fossiles, et même certaines espèces d’ours modernes comme l’ours paresseux, sont associés à des habitats plus doux et aux latitudes plus basses », note le chercheur. Ainsi la capacité à exploiter les forêts les plus au Nord ne serait pas une innovation des grizzlys et autres ours noirs modernes. Par ailleurs, ce nouveau fossile représente l’une des premières migrations des ours de l’Asie vers l’Amérique du Nord, mais il n’est probablement pas un ancêtre direct de l’ours noir américain moderne.

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