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Peggy, la « future » dernière lune de Saturne se forme sous nos yeux

Sur le bord de l'anneau A, on peut observer Peggy, une possible petite lune en formation à environ 136.600 km de la surface de Saturne. Crédits : Nasa, JPL-Caltech, Space Science Institute

Saturne, connue pour ses magnifiques anneaux est une véritable pouponnière de lunes. Elle en possède plusieurs dizaines dont la célèbre Titan qui serait susceptible d’abriter des formes de vie (vous l’ignoriez ? Alors cliquez ici). Depuis les photos faîtes entre 1980 et 1981 par Voyager 1 et 2 qui révèlent que de nouvelles lunes seraient en train de se former, les astronomes n’avaient plus eu de preuves de ce phénomène, mais les récentes études de Cassini autour de Saturne ramènent cette découverte au goût du jour.

Les planètes géantes sont les astres qui possèdent le plus de lunes dans le système solaire. Saturne est l’une d’entre elles et malgré plus de 60 lunes gravitant déjà autour d’elle, d’autres sont susceptibles d’apparaître. Ses anneaux, constitués d’une multitude de corps stellaires dont principalement des particules de glace, sont les témoins d’un nombre incalculable de collisions. De ces chocs naissent des agglomérats qui sont pour la plupart éphémères. Néanmoins, certains résistent et, par l’effet de la gravité, attirent d’autres corps avec qui ils fusionnent leur permettant de s’accroître, ce phénomène est appelé accrétion.

C’est un agglomérat similaire que la sonde Cassini de la NASA a pu photographier par hasard, en avril 2013, pendant que l’appareil tentait de prendre en photo la lune Prometheus. L’analyse poussée de l’image a révélé un bloc de 800 centimètres de diamètre qui a été nommé Peggy. Il est la cause d’une perturbation longue de 1200 kilomètres et large de 10 kilomètres à l’extérieur de l’anneau A.

Ce qui rend ce phénomène unique est le fait que Peggy pourrait bien être la dernière lune de Saturne. En effet, ses anneaux ne comportent plus assez de matière pour en former une nouvelle telle que l’explique Carl Murray, de la Queen Mary University de Londres, dans un communiqué de la NASA : « La théorie suggère qu’il y a longtemps, Saturne avait un système d’anneaux beaucoup plus massif capable de donner naissance à des lunes plus grosses. Vu que les lunes se sont formées près des bords, elles ont épuisé les anneaux et ont évolué, donc celles qui se sont développées le plus tôt sont les grosses et les plus éloignées »

A l’heure actuelle, il est impossible de prévoir l’évolution de Peggy. Les forces de marée, c’est-à-dire l’interaction gravitationnelle entre Saturne et ses anneaux, permettent à ces derniers de rester stables et sont donc les principaux responsables de la désagrégation des agglomérats. Par ailleurs, une collision avec un autre satellite trop important pourrait mener à une destruction des deux corps. Mais Sébastien Charnoz, du laboratoire AIM1 Paris Saclay, énonce que si l’accrétion de Peggy arrive à son terme, alors « ce nouveau mécanisme de formation de satellites pourrait avoir d’autres applications ailleurs dans le Système solaire » puisque « notre Lune se serait formée de manière similaire ».

Sources : Futura Sciences, Maxisciences, IRFU