in ,

Une partie de l’eau que nous buvons serait plus vieille que le Soleil

Crédits : Olichel / Pixabay

Et si une partie de l’eau présente sur notre Terre était antérieure à la formation même du Soleil? C’est ce que suggèrent plusieurs astrophysiciens dont les calculs estiment à près de 50 % de l’eau sur Terre qui serait plus ancienne que le Soleil.

La Terre est vieille. Le Soleil l’est encore plus, sa formation étant antérieure à celle de tous les autres astres de notre système. Mais selon des astrophysiciens de l’Université du Michigan, aux États-Unis, qui publient leurs recherches dans la revue Science, une partie de l’eau présente sur Terre est encore plus ancienne que la formation du Soleil. En effet, selon eux, bien avant la naissance du Soleil il y a plus de 4,6 milliards d’années, l’eau était déjà présente dans l’espace sous la forme de glaces interstellaires. Cette eau aurait alors résisté à la création mouvementée du Système Solaire pour finir, entre autres, sur Terre.

Pour démontrer cela, ces scientifiques ont analysé des molécules d’eau océaniques afin de parvenir à dater l’eau présente sur Terre, en se penchant plus particulièrement sur leur composition en hydrogène lourd. Comme vous le savez, l’eau est composée de deux atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène, mais certaines molécules d’eau comportent du deutérium, une sorte de jumeau de l’hydrogène sauf que son noyau possède un neutron alors que l’hydrogène n’a qu’un électron et un proton.

Glace sur les pôles de la planète Mars / Crédits : Nasa
Glace sur les pôles de la planète Mars / Nasa

Cette eau riche en deutérium est présente sur d’autres planètes et lunes, et donc ici sur Terre, mais les scientifiques ignorent sa provenance. Une théorie dominante estime qu’une importante quantité d’eau s’est formée dans un nuage interstellaire qui a voyagé dans notre système solaire il y a de cela des milliards d’années. Les scientifiques ont alors conclu que les restes de cette ancienne glace se sont dispersés à travers le système solaire, sur la Lune, aux pôles de Mercure, dans les comètes, sur Europa (la lune de Jupiter), dans ce qu’il reste des fontes de Mars et « dans votre bouteille d’eau ».

Source : nytimes