in ,

Cet effrayant parasite contrôle son hôte en se plaçant derrière son oeil

Crédits : iStock

La Nature fait son œuvre. Un parasite commun qui vit dans les globes oculaires des poissons semble être le moteur de leur comportement, tenant les rênes à l’intérieur de leurs yeux pour les mener tout droit jusqu’à la mort.

Beaucoup de parasites peuvent changer le comportement d’un animal en fonction de leurs propres besoins comme en témoigne cet exemple récent. Une équipe dirigée par l’Institut Severtsov d’Écologie et d’Évolution à Moscou, en Russie, détaille dans les revues Behavioural Ecology et Sociobiology le cycle de vie d’un petit parasite commun, Diplostomum pseudospathaceum. Pour survivre, le parasite est prêt à tout, même au plus ignoble.

Diplostomum pseudospathaceum a un cycle de vie qui se déroule en trois étapes. Et trois animaux y passent. Tout d’abord, les parasites s’accouplent dans le tube digestif d’un oiseau en déversant leurs œufs dans les selles. Les œufs éclosent dans l’eau, puis les larves se cherchent des insectes d’eau douce à infecter. Ils mûrissent et se reproduisent de façon asexuée alors à l’intérieur des escargots avant d’être relâchés dans l’eau, prêts à infecter leur prochain hôte : un poisson.

Les parasites pénètrent alors sous la peau du poisson et se déplacent vers la lentille de l’œil pour se cacher et se développer plus encore. Lorsque le parasite est encore jeune, il aide son hôte à rester à l’abri des prédateurs. Mais une fois que le parasite est suffisamment mûr, il fait tout son possible pour que ce poisson soit mangé par un oiseau. Le poisson est ensuite mangé et le cycle recommence dans le tube digestif.

Crédits : A. H. Larsen, Bresciani, K. Buchmann

Dans leur étude, Mikhail Gopko et son équipe expliquent en effet que les poissons infectés par des larves immatures nageaient moins activement que d’habitude, devenant alors moins visibles pour les prédateurs et donc plus difficiles à attraper. Une fois les parasites prêts à se reproduire à l’intérieur de leurs hôtes d’oiseaux, c’est une autre histoire. Les chercheurs se sont rendu compte que les poissons (ici des truites arc-en-ciel) nageaient plus activement que les témoins non infectés et restaient plus près de la surface de l’eau.

En simulant une attaque d’oiseau, les chercheurs ont également observé que tous les poissons s’étaient figés sur place, mais les poissons infectés ont repris leur nage plus tôt que ceux qui ne l’étaient pas. Le but étant ici de se faire repérer le plus vite possible (pour le parasite, pas pour le poisson) : « Les parasites immatures sont trop jeunes et innocents pour infecter un prochain hôte de sorte que leur but est de protéger les poissons dans lesquels ils vivent. Les parasites mûrs, cependant, sont prêts à se reproduire. Et pour ce faire, ils doivent intégrer l’intestin d’un oiseau », explique Mikhail Gopko

Ce n’est pas la première fois qu’un tel comportement est observé dans la nature. Toxoplasmose gondii, par exemple, est un parasite monocellulaire bien connu qui infecte les rongeurs et les transforme en « amoureux des chats ». Ils deviennent alors suicidaires, permettant aux parasites de se développer à l’intérieur du félin qui n’en demandait pas tant.

Source