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Un océan sous la surface de la lune Mimas ?

Crédits : NASA

la plus petite des lunes de Saturne vient de faire l’objet d’une étude de la NASA. Celle-ci avance deux hypothèses pour expliquer les oscillations dans l’orbite du satellite glacé : l’existence d’un océan souterrain ou d’un noyau aux formes inhabituelles.

Comme la plupart des lunes du système solaire (dont la nôtre), Mimas est en rotation synchrone autour de Saturne. Elle présente ainsi constamment la même face à la géante gazeuse, ou presque : aux effets des forces de marée gravitationnelles s’ajoute celui des oscillations (ou librations), un phénomène déjà observé du temps de Galilée. Ce mécanisme cosmologique induit de légères variations dans la rotation et l’orbite d’un corps céleste, raison pour laquelle nous pouvons observer plus de 50% de la surface lunaire depuis la terre.

Simulation du mouvement lunaire, vu depuis la terre sur une durée d'un mois. L'animation met en évidence le phénomène de libration. Wikipédia.
Simulation du mouvement lunaire, vu depuis la terre sur une durée d’un mois. L’animation met en évidence le phénomène de libration. Wikipédia.

Or les informations envoyées par la sonde Cassini révèlent une amplitude anormale dans les oscillations de Mimas autour de Saturne. « Les données suggèrent que quelque chose ne tourne pas rond, pour ainsi dire, dans les profondeurs de Mimas » explique Radwan Tajeddine, premier auteur de l’étude publiée le 17 octobre dans la revue Science. D’après le chercheur, le satellite oscille avec une amplitude deux fois plus élevée que dans les modèles prédictifs.

Cette variation  peut s’expliquer, entre autres, par la présence d’un océan caché à 30 km sous la surface criblée de Mimas.
Dans la mesure où cette dernière est trop petite (420 km de diamètre) pour avoir conservé la chaleur produite lors de sa formation, une autre source d’énergie serait nécessaire pour maintenir un océan d’eau liquide. Mais à l’inverse d’Encélade ou d’Europe, Mimas ne présente aucune activité géologique pour appuyer cette hypothèse.

La seconde théorie repose sur une autre étrangeté : le noyau du planétoïde pourrait ressembler à un ballon de rugby, ce qui en ferait un cas particulier de formation planétaire puisque les 4 milliards d’années qui nous séparent de sa création devraient l’avoir rendu sphérique.

Les chercheurs notent par ailleurs que dans les deux scénarios, l’importante force de marée exercée par Saturne pourrait avoir engendré et entretenu de telles particularités. Radwan Tajjedine suggère enfin que d’autres modèles devront être développés pour affiner ces hypothèses, incluant les futures observations de la sonde Cassini.

Sources : ScienceMag, CNRS, Gurumeditation

– Illustration : Le grand cratère Herschel – 130 km de diamètre sur Mimas vu à 9 500 km de distance / NASA