Selon une étude récente publiée dans la revue Science Advances, les macaques possèdent une anatomie vocale pour parler de manière intelligible comme vous et moi, mais ils ne possèdent pas les circuits cérébraux pour le faire.

Ainsi, ces nouveaux travaux sous-tendent que notre capacité à nous exprimer ne serait liée qu’à l’évolution et au développement unique de notre cerveau et non aux différences anatomiques qui nous séparent des primates. Car, comme le suggère Asif Ghazanfar, professeur de psychologie à l’Université de Princeton, ces résultats pourraient également s’appliquer à d’autres primates africains et asiatiques connus comme les cercopithécidés. Mais si le « problème » chez les macaques, vient du cerveau, il serait alors intéressant de se demander ce qui permet à nous, humains, de nous exprimer de manière intelligible.

Thore Jon Bergman, professeur adjoint de psychologie, d’écologie et de biologie évolutive à l’Université du Michigan, a en effet déclaré que cette étude pourrait aider à comprendre l’origine de la parole humaine. Selon le chercheur, il semble que les différences neurocognitives, par opposition aux différences anatomiques, chez les humains leur permettent d’avoir une gamme de son plus large par rapport aux autres primates. Comprendre l’anatomie de nos plus proches parents semble alors tout indiqué pour tenter de répondre à la question.

Les chercheurs ont étudié l’éventail des mouvements que l’anatomie vocale des primates pouvait produire. Pour cette nouvelle étude, les chercheurs ont utilisé des vidéos en rayon X pour comprendre les mouvements des différentes parties de l’anatomie vocale d’un macaque que sont la langue, les lèvres et le larynx pendant des comportements orofaciaux. Ces données ont été converties en un modèle informatique qui pourrait prédire et simuler la gamme vocale d’un macaque sur la base des attributs physiques enregistrés par les rayons X. En intégrant le grognement d’un macaque dans leur modèle informatique, ils ont alors découvert qu’un macaque pouvait produire des voyelles compréhensibles et même des phrases entières si ce dernier avait la capacité neurale de parler.

Les chercheurs notent néanmoins que même si la parole d’un macaque était compréhensible par une ouïe humaine, le son ne serait pas le même celui d’un humain. Une conclusion qui suggère qu’il existe encore de nombreux mystères concernant l’origine de la parole humaine. L’existence d’un conduit vocal semblable à l’homme dans une espèce ancienne telle que le macaque suggère que des espèces plus récemment évoluées telles que les chimpanzés, qui sont très proches des humains, pourraient également avoir ce conduit vocal. Si tel est le cas, l’étude du cerveau des chimpanzés pourrait aider à révéler les réseaux de neurones qui permettent aux humains de parler alors que leurs cousins en sont incapables.

Source