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La liste des 12 superbactéries résistantes aux antibiotiques qui inquiète l’OMS

Crédits : iStock

Face au développement constant du phénomène de l’antibiorésistance, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publie une liste de douze familles de bactéries résistantes aux antibiotiques. Trois d’entre elles sont jugées très « critiques ».

La résistance aux antibiotiques est un problème de plus en plus récurrent et cela constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale. Il s’agit là d’une véritable course contre la montre. Alors que SpaceX prévoyait il y a quelques jours d’envoyer l’une de ces super-bactéries dans l’espace dans le but d’accélérer le processus de mutation pour anticiper d’éventuels traitements plus efficaces, l’Organisation mondiale de la Santé publiait quant à elle hier une liste des 12 agents pathogènes jugés « prioritaires » résistants aux antibiotiques. Trois d’entre eux sont particulièrement visés : les Acinetobacter, les Pseudomonas et les entérobactéries (dont l’E.coli) résistantes à tous les antibiotiques et à l’origine de la plupart des infections graves en milieu hospitalier.

« La résistance aux antibiotiques augmente et nous épuisons rapidement nos options thérapeutiques. Si on laisse faire le marché, les nouveaux antibiotiques dont nous avons le besoin le plus urgent ne seront pas mis au point à temps », alerte Marie-Paule Kieny, sous-directrice générale à l’OMS pour les systèmes de santé et l’innovation, qui juge la situation « critique ».

L’OMS classe ensuite en « priorité élevée » six familles de bactéries responsables d’infections généralement contractées à l’extérieur de l’hôpital et résistantes à plusieurs types d’antibiotiques. Il s’agit du staphylocoque doré, des salmonelles, de l’Helicobacter pylori (la bactérie responsable notamment des ulcères de l’estomac) ou encore de la Neisseria gonorrhoeae (qui cause la gonorrhée, une infection sexuellement transmissible très répandue). Trois autres familles de bactéries sont placées en « priorité moyenne » : le pneumocoque qui peut conduire à des pneumonies et des méningites, l’Haemophilus influenzae (responsable d’infections comme les otites) et les Shigella spp. causant des infections intestinales telles que la dysenterie.

Tandis que SpaceX ouvre la voie en anticipant les mutations résistantes aux médicaments qui conduiront à l’élaboration d’une génération d’antibiotiques plus précis conçus pour stopper la propagation des agents pathogènes les plus dangereux du monde, la publication de cette liste par l’OMS représente donc un nouveau pas en avant important. « Nous espérons que cela va pousser les gouvernements et les groupes de recherche (…) à fixer les bonnes priorités » et ainsi « à faire baisser le nombre des décès dus aux infections résistantes », a commenté Evelina Tacconelli, membre du comité exécutif de l’ESCMID qui a contribué à l’élaboration de la liste de l’OMS.

Rappelons que les bactéries résistantes aux antibiotiques pourraient tuer jusqu’à 10 millions de personnes par an d’ici 2050, soit autant que le cancer. En France, on estime que la résistance antibiotique cause à ce jour près de 12 500 décès par an.

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