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L’humain apprend mieux en dormant, mais pourquoi ?

Crédits : claudioscot / Pixabay

Des chercheurs français ont tout récemment découvert la manière dont deux structures cérébrales se mettent en lien afin de pérenniser nos souvenirs durant notre sommeil. De nombreuses études ont d’ores et déjà prouvé que notre cerveau continuait de traiter des informations, mais cette avancée permet de comprendre le processus sur le long terme.

La nuit, le cerveau « rejoue » les scènes vécues durant la journée, une conclusion apportée par une foultitude de recherches, dont celles de Sid Kouider, de l’École Normale Supérieure en 2014. Cependant, la manière dont ces informations sont consolidées sur le long terme dans le cerveau a été récemment mise en évidence par Michaël Zugaro et son équipe de recherche du Centre interdisciplinaire de recherche en biologie (CIRB) incluant le CNRS, l’Inserm ou encore le Collège de France.

Les souvenirs se forment dans la partie du cerveau appelée hippocampe, et cette dernière communique avec le cortex cérébral (partie externe du cerveau), un transfert d’informations se produisant donc pendant la nuit. Cette hypothèse attendait donc d’être prouvée par la science. Ce processus a pour l’instant été observé chez les rats. Les chercheurs ont pu reproduire, chez les cobayes, les effets d’une nuit de sommeil régénératrice, et ce en stimulant électriquement leur cerveau.

L’activité électrique de l’hippocampe et du cortex a été enregistrée chez les rats durant leur sommeil profond, caractérisé par des ondes lentes. Les chercheurs ont observé la relation entre ces deux parties : quand l’hippocampe émettait des ondulations, le cortex formulait une sorte de réponse incarnée par des ondes delta et des trains d’impulsions électriques nommées « fuseaux du sommeil ».

Il s’agissait ensuite de comprendre dans quelle mesure cette relation intervenait dans l’enregistrement des souvenirs sur le long terme. Les chercheurs ont ainsi entrainé les cobayes à retenir deux objets identiques placés dans deux coins d’une boite en forme de rectangle. Les rats restaient dans la boite durant un laps de temps de 3 ou 20 minutes.

Le test est alors réitéré le lendemain, en apportant une seule modification : l’un des deux objets est alors déplacé dans un autre coin de la boite. Les rats qui la veille, étaient restés 20 minutes dans la boite, y sont alors restés bien plus longtemps, proches de l’objet déplacé, puisque conscients du changement. En revanche, les rats qui étaient restés seulement 3 minutes dans la boite n’ont pas pu mémoriser le changement intervenu le lendemain. L’observation suivante a été faite : les cobayes qui se souvenaient correctement de l’environnement incarné par la boite ont manifesté ce fameux dialogue nocturne entre l’hippocampe et le cortex.

Les chercheurs français ont alors mis au point un dispositif de stimulation par électrodes, capable de fournir des ondes deltas et des fuseaux du sommeil. Ils ont pu stimuler le cerveau des rats qui sont restés seulement 3 minutes dans la boite avant la modification de la place d’un des objets. Ainsi, ces derniers se sont rappelés correctement de leur environnement comme s’ils avaient passé 20 minutes dans la boite comme les autres cobayes.

Il est donc possible de favoriser ce dialogue hippocampe-cortex, ce qui se révélerait être un bon moyen de pérenniser nos souvenirs. Cependant, la solution reste encore de faire de bonnes nuits de sommeil, car un tel dispositif adapté aux rats nécessiterait encore de longues recherches pour pouvoir s’appliquer à l’être humain.

Sources : Pour La ScienceSanté Magazine