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Les embouteillages se propagent de la même manière que le Covid-19

Crédits : Wikipedia

Des chercheurs de plusieurs pays ont mené une étude dans six villes aux États-Unis, au Canada, en France, au Royaume-Uni et en Australie. Et ils ont établi un lien entre la propagation des maladies et celle des embouteillages.

Un modèle utilisé en épidémiologie

Étudier la manière dont se propage une épidémie permet de se prémunir contre celles à venir. C’est justement de cette façon que la science a compris les vertus du confinement, une mesure actuellement prise dans de nombreux pays pour freiner la pandémie de Covid-19. Dans une étude publiée dans la revue Nature Communications le 7 avril 2020, des chercheurs estiment que ce type d’étude pourrait trouver des applications en dehors de la santé.

L’étude s’appuie sur un modèle comportemental habituellement utilisé en épidémiologie : SIR. Le “S” signifie “individu sain pouvant être infecté”, le “I” pour “infecté” et le “R” pour “rétabli”. Il faut savoir que les personnes rétablies sont immunisées contre la maladie (du moins un certain temps). De fait, au fur et à mesure du temps, la pandémie baisse en intensité et finit par disparaître. En effet, ceci se produit lorsque les hôtes à infecter sont de moins en moins nombreux : c’est le principe de l’immunité collective.

embouteillage
Crédits : Peakpx

Une adaptation qui a ses limites

Les meneurs de l’étude ont adapté le modèle en question aux embouteillages. Ils ont pris en compte six villes : Chicago, Londres, Melbourne, Montréal, Paris et Sydney. En effet, ces grands centres urbains font souvent face à des embouteillages. Ces derniers y sont très fréquents et, selon les scientifiques, ils se produisent de manière très similaire.

Ainsi, au lieu de considérer des individus, l’étude a pris en compte les “liens” du réseau automobile. Autrement dit, il s’agit des routes entre deux intersections. De plus, à la place des symptômes tels que la toux et la fièvre, l’étude a compilé les moments où les voitures ralentissent pour finir par former des embouteillages.

Le modèle SIR adapté considère donc les liens (ou axes) susceptibles d’être embouteillés, ceux qui le sont à l’instant T et ceux qui l’étaient mais ne le sont plus. Alors évidemment, si les virus peuvent être stoppés par des médicaments et des vaccins, les embouteillages sont jugés “incurables”.

Mais il est possible d’établir la vitesse de propagation des embouteillages dans une ville en considérant le pourcentage de ces derniers. Ceci pourrait éventuellement permettre un meilleur placement des feux de signalisation. Toutefois, la méthode éprouve des limites également par le fait que l’immunité d’un axe après avoir vécu un embouteillage n’existe pas.