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Les bourdons sont-ils devenus accros aux pesticides ?

Crédits : Wikimedia Commons

Autre insecte pollinisateur très important, le bourdon a montré dans une expérience que celui-ci pouvait développer une sorte d’addiction aux pesticides néonicotinoïdes, et ce dès la première consommation.

Comme les abeilles, les bourdons sont importants en ce qui concerne la pollinisation de nombreuses plantes. Eux aussi sont par ailleurs assujettis à un déclin à l’échelle mondiale en raison de l’utilisation massive de pesticides dans l’agriculture.

Une équipe de chercheurs de l’Imperial College et de l’Université Queen Mary de Londres (Royaume-Uni) a tenté de comprendre si ces insectes étaient capables de reconnaître les plantes traitées aux pesticides et si oui, d’éviter de butiner de telles cultures. Les scientifiques ont fait état d’une découverte surprenante dans une publication du 29 août 2018 dans la revue Proceedings of the Royal Society B.

Les chercheurs ont travaillé sur les néonicotinoïdes, une classe d’insecticides neurotoxiques controversée souvent utilisée dans l’agriculture. Une dizaine de colonies de bourdons Bombus terrestris ont été testées durant dix jours. Chacune d’elles s’est vu proposer un accès à des espaces (de 10h à 16h) contenant de la nourriture composée de saccharose avec ou sans thiaméthoxame, une molécule chimique de la famille des néonicotinoïdes.

Chaque insecte identifié par un numéro (de 1 à 381) a été surveillé, concernant la fréquence d’approvisionnement et le volume de saccharose prélevé à chaque fois. Les chercheurs ont démontré que si initialement, les bourdons préféraient la nourriture sans thiaméthoxame, ces derniers se dirigeaient ensuite de plus en plus vers la nourriture en contenant !

Cela montre d’une part que les bourdons sont capables de savoir si les plantes sont traitées ou non et évitent de s’y approvisionner. Mais après en avoir fait l’expérience, leur préférence change progressivement. Principal auteur de l’étude, Richard Gill a indiqué que les « néonicotinoïdes ciblent des récepteurs nerveux chez les insectes qui sont similaires aux récepteurs ciblés par la nicotine chez les mammifères », ce qui suggère le développement d’une sorte d’addiction.

Sources : Futura SciencesOuest France

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