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Le “vacarme en mer” perturbe grandement la faune marine

Crédits : Max Pixel

En mer Méditerranée, l’équipage du catamaran Terre Marine montre que la pollution sonore a également un impact sous l’eau. En effet, la pollution sonore est un concept qui nous est très familier sur la terre ferme, mais qu’en est-il réellement dans la mer ?

Les bruits naturels

Terre Marine est une association basée au Cap d’Agde équipée d’un catamaran d’exploration de 24 X 12 mètres. Les personnes adhérant à cette association viennent se former, étudier la navigation mais également la vie marine en Méditerranée. Or, un des intérêts de Terre Marine concerne le « vacarme en mer », un champ de recherche qui mériterait davantage d’intérêt. À l’aide d’hydrophones, l’équipage écoute donc ce qu’il se passe sous l’eau.

Selon la page officielle de ce projet, la célérité du son (sa vitesse) est 4 fois plus élevée dans l’eau que dans l’air. Il faut également savoir que les sons de basse fréquence se propagent beaucoup plus loin que ceux de haute fréquence. Le vacarme en mer est constitué de bruits naturels, c’est à dire environnementaux (bulles, vagues, pluie, tempêtes) mais également biologiques (sons des cétacés, crissements des mandibules des crustacés).

À titre d’information, les bruits biologiques les plus conséquents sont ceux des clics de cachalot (0,1-30 KHz/210-230 dB), des clics du grand dauphin (110-130 Hz/218-228 dB) ainsi que du sifflement du grand dauphin (800-24000 Hz/125-173 dB).

Les bruits issus des activités humaines

Le vacarme en mer inclut également les bruits d’origine anthropique, c’est-à-dire issus des activités humaines. Il s’agit de l’ensemble des bruits engendrés par les sonars militaires, la prospection de pétrole et de gaz, la marine marchande ainsi que la navigation de plaisance. Selon Terre Marine, la contribution humaine à la pollution sonore des océans a beaucoup augmenté durant ces dernières décennies. Les bruits d’origine anthropique sont même devenus la principale composante du bruit marin dans certaines régions.

Rappelons que pas moins de deux millions d’espèces animales peuplent les océans. En revanche, il n’est pas possible de connaître l’impact du bruit sur chacune de ces espèces. En effet, la communauté scientifique manque encore de connaissances afin de comprendre l’impact précis des nuisances sonores.

Crédits : Terre Marine

Évoquons également le fait que l’oreille humaine supporte un son de 160 dB maximum dans son spectre audible (20 Hz à 20 KHz). Or, les canons à air utilisés dans le cadre de la prospection sismique génèrent des pressions sonores allant jusqu’à 260 décibels ! Ainsi, ce genre de bruit serait complètement insupportable pour les humains. Par ailleurs, les sonars militaires font également partie des bruits les plus terribles. En effet, ce type de bruit serait comparable à la détonation supersonique d’un avion de combat à proximité immédiate de nos oreilles !

Ce n’est donc pas un hasard si de nombreux poissons et cétacés ont régulièrement les tympans déchirés, quand ils n’ont pas la totalité des organes auditifs détruits. Terre Marine évoque également de forts risques d’hémorragie interne, d’embolie et de rupture pulmonaires, d’affaiblissement du système immunitaire, de procréation insuffisante ou nulle. Dans tous les cas, les bruits humains désorientent la faune marine (dérangement, interruption d’activité, fuite, panique). Malheureusement, il n’existe pas ou très peu de réglementations destinées à limiter le bruit des activités humaines en mer.

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