Jadis, un séisme a frappé la Chine Impériale sur une zone quasiment aussi grande que l’Italie. Or, il s’agit encore aujourd’hui de la catastrophe naturelle la plus meurtrière jamais observée durant l’histoire humaine. En effet, il n’existe pratiquement aucun équivalent.
Des secousses ressenties à plus de 2 000 km de distance
Dans le milieu du XVIe siècle, les constructions parasismiques n’existaient évidemment pas. Le 23 janvier 1556, la Chine Impériale sous le contrôle de la dynastie Ming a vécu un séisme ayant causé des pertes humaines sans précédent et encore aujourd’hui, jamais égalées. En effet, environ 830 000 personnes ont perdu la vie ce jour là.
L’épicentre se trouvait dans le centre du pays, près de Huaxian (province du Shaanxi). Surtout, la zone impactée par le tremblement de terre est estimée à 280 000 km², soit l’équivalent de la superficie de pays comme l’Italie ou le Burkina Faso. Les secousses étaient si fortes que ces dernières ont été ressenties sur une superficie dépassant les deux millions de km².
Si le grand séisme de Huaxian remonte à près de cinq siècles, celui-ci est toutefois assez documenté. Citons par exemple les travaux de Jean-Paul Poirier, de l’Institut de physique du globe de Paris. En 2017, l’intéressé publiait des documents chinois révélant des détails concernant les localités où le séisme a été ressenti, sur ses effets sur le paysage, sur le nombre des morts, ainsi que les noms et les titres de hauts fonctionnaires ayant perdu la vie.

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Une transformation du relief à l’échelle locale
Si à l’époque, les constructions parasismiques n’existaient pas, ce fut également le cas des appareils de mesure. Cependant, les experts s’accordent sur une estimation de 8 (sur 9) de la magnitude de moment (Mw), à ne pas confondre avec la célèbre échelle de Richter. Le grand séisme de Huaxian est donc l’un des tremblements de terre les plus puissants que l’humanité ait jamais vécu. Les zones impactées, incluant principalement les villes de Huaxian, Huayin et Weinan étaient littéralement en ruine.
Selon les archives de la dynastie Ming, le séisme a même transformé le relief à l’échelle locale. Il est notamment question de l’affaissement et l’effondrement de plusieurs montagnes, d’un soulèvement de zones de plaines entières, ainsi qu’une déviation de la rivière Wei, principal affluent du fleuve Jaune. Citons également la formation soudaine de failles d’une profondeur dépassant les 70 mètres, dont certaines laissent échapper d’importantes quantités d’eau sous pression. Néanmoins, le calvaire des survivants a continué puisque la terre a tremblé chaque jour durant un mois. Certaines zones d’influence du séisme ont même connu des répliques jusqu’à quatre années suivant le grand séisme de Huaxian.
Enfin, il faut savoir que le séisme a aggravé une situation déjà peu reluisante. En ces temps obscurs, la Chine Impériale était minée par des famines insoutenables, des tensions ethniques et un pouvoir teinté de corruption et de rivalités internes.
