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Comment le Japon résiste face aux tremblements de terre

Le Japon est devenu au fil des ans un pays expert en génie parasismique. Comment en est-il arrivé jusque-là ? La source de cette perfection remonte plus d’une vingtaine d’années, depuis le terrible séisme de Kobé.

En 2011 lors du tremblement de terre de magnitude 9 ayant précédé le tsunami à l’origine de la catastrophe de Fukushima, les hautes tours de Tokyo, situées à 400 kilomètres de l’épicentre, avaient pour la majorité tenu bon. Et cela n’est pas un hasard selon Philippe Bisch, président de l’Association française de génie parasismique (AFPS) : « les deux points forts du pays sont la préparation de la population et les normes parasismiques. »

Si la population a appris à vivre avec les séismes et à adopter la meilleure attitude possible lors de tels événements, les constructions parasismiques ont connu un élan phénoménal après la survenue d’une catastrophe encore très présente dans les esprits : le séisme de Kobe (magnitude 7,2) qui s’était produit le 17 janvier 1995 et qui avait fait plus de 6400 morts et 100 milliards de dollars de dégâts matériels au passage.

Cette catastrophe est le point de départ d’une remise en question totale des crises liées aux séismes, mais surtout d’une nouvelle façon de se prémunir au niveau des constructions, approchant une résilience quasi parfaite grâce au génie parasismique qui n’a cessé d’évoluer durant les deux dernières décennies. Ces constructions sont des concentrés de techniques ingénieuses et de solutions de pointe.

L’énergie libérée par un séisme est absorbée en partie par des isolateurs séparant les fondations du reste du bâtiment, ce dernier étant également équipé de vérins à huile, d’amortisseurs, de ressorts ou encore de boudins en caoutchouc. Il s’agit ici de limiter les mouvements d’oscillation et un effondrement ou une déchirure du bâtiment. Il est également pertinent de citer les contrepoids généralement situés au sommet des tours.

(Crédit image : Le Parasismique)

L’importance de l’acier comme matériau principal est également à évoquer. En effet, ce métal est naturellement capable d’absorber une partie de l’énergie du séisme, ayant la capacité de se déformer sans rompre. Les Japonais travaillent d’ailleurs beaucoup à l’élaboration de matériaux capables de subir d’importantes déformations sans pour autant céder.

(Crédit image : Le Parasismique)

Aujourd’hui, le Japon est le pays le plus résiliant en matière de séisme et dont la population est la plus préparée au monde. Cela n’est pas inutile, loin de là puisque ce pays enregistre environ 20 % des secousses sismiques les plus fortes au monde !

Même le bâtiment le plus haut du Japon, la Tokyo Skytree (634 m) inaugurée en 2012 est un modèle en la matière.

Sources : L’Usine NouvelleLe FigaroLe Matin