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L’avenir des robots tueurs en discussion à Genève

Crédits : stephen bowler / Pixabay

Au moment où vous lisez cet article se tient pour la première fois à Genève une réunion internationale d’experts sur les RLA ou Robots Létaux Autonomes. Ces derniers seraient capables de sélectionner et d’attaquer des cibles sans intervention humaine. Bien que les armées ne possèdent pas encore une telle technologie, leur utilisation et leur programmation amènent donc à de nombreuses interrogations.

Cette réunion organisée par les États présents à la Convention sur certaines armes classiques (CCW) dure toute la semaine. Elle a pour but de débattre des sujets éthiques, juridiques et sociétaux qui tournent autour de l’utilisation des RLA. « La question centrale est celle de l’absence potentielle de tout contrôle humain sur les fonctions essentielles d’identification et d’attaque des cibles, notamment des cibles humaines. L’idée que des machines puissent avoir un pouvoir de vie ou de mort sur un champ de bataille, fonctionnant avec peu ou pas de contrôle humain, créé un sentiment de profond malaise », précise Kathleen Lawand, chef de l’Unité armes du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Christof Heyns, le rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, avait déjà demandé l’année dernière un moratoire, c’est-à-dire un ajournement, du développement et de l’utilisation de cette technologie. Ceci afin de laisser le temps aux États de réfléchir sur la gestion et l’impact d’une telle technologie. « Le déploiement des RLA pourrait rapidement devenir intolérable puisqu’aucun mécanisme de responsabilité pénale ne peut leur être appliqué », avait indiqué l’expert indépendant de l’ONU.

Durant cette réunion, des experts en robotiques présenteront leurs points de vue. Ainsi, le professeur Arkin du Georgia Institute of Technology a déclaré à la BBC que les « robots tueurs » seront capables de réduire considérablement les pertes humaines, aussi bien militaires que civiles. Les RLA pourront être également plus en mesure que les humains de déterminer quand ne pas engager une cible. Pour sa part, le professeur Sharkey, co-fondateur de Campaign Against Killer Robots et président du comité international de Robot Arms Control, reste plus sceptique. « Je suis préoccupé par l’automatisation complète de la guerre », dit-il à la BBC. Il ajoute qu’il n’y a pas de garantie que les « robots tueurs » respectent les Conventions de Genève de 1949.

Toutefois, cette réunion n’est qu’informelle et aucune décision n’est attendue. Il faudra pour cela patienter jusqu’à la prochaine réunion des États lors de la Convention sur l’interdiction ou la « limitation de l’emploi de certaines armes classiques » en novembre 2014.

Source : BBC, ICRC, ONU bis