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La hausse du niveau de la mer s’accélère encore et encore

Crédits : iStock

La hausse du niveau de l’océan s’accélère comme le confirme une étude publiée lundi 26 juin dans la revue Nature Climate Change. Le Groenland, qui fond à un rythme sans précédent, en serait le principal artisan.

De nouvelles photographies aériennes révélaient en avril dernier la présence d’une gigantesque fissure dans le glacier Petermann, au Groenland. En cas de détachement, cette île de glace pourrait participer à l’élévation du niveau de la mer une fois fondue. C’est une menace de plus venant du Groenland qui serait à l’origine de 25 % de la hausse du niveau des océans selon une étude parue ce lundi. Et le mouvement s’accélère : 3,3 mm par an contre 2,2 mm vingt ans auparavant. En 1993, deux décennies plus tôt, cette contribution était marginale. Elle était évaluée à 5 % seulement. En décembre 2015, une étude publiée dans « Nature » avait évalué à 186,4 gigatonnes (milliards de tonnes) par an la perte de glace du Groenland sur la période 2003–2010, soit plus du double par rapport à la période 1983–2003.

Les glaciers du Groenland pourraient faire grimper le niveau des océans d’environ sept mètres s’ils fondaient complètement. Pour l’Antarctique, le volume des glaces polaires équivaut à quelque 60 mètres de montée des eaux. Leur disparition n’est en revanche pas programmée au cours de ce millénaire, mais quelques dizaines de centimètres suffiraient à redessiner le paysage mondial. Des centaines de millions de personnes vivent dans des zones situées sous le niveau de la mer et d’importantes villes côtières sont menacées, ainsi que de petites îles qui se préparent à être submergées. « Nous comprenons pourquoi le niveau de la mer s’accélère et nous connaissons les différents composants qui y contribuent », a déclaré Christopher Harig, l’un des auteurs de l’étude.

« L’augmentation du taux d’élévation du niveau de la mer met en évidence l’importance et l’urgence d’atténuer les changements climatiques et de formuler des plans d’adaptation côtière pour atténuer les effets de l’élévation continue du niveau de la mer », explique cette fois-ci Xianyao Chen, de l’Université océanienne de Chine et co-auteur de cette nouvelle étude. C’est une situation alarmante, d’autant plus que le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, dont les travaux font autorité sur le climat) fait ici « une projection très prudente de la hausse du niveau de la mer d’ici à la fin du siècle, estimée à entre 60 et 90 centimètres », a noté Peter Wadhams, professeur de physique des océans à l’Université d’Oxford, qui n’a pas participé à l’étude.

« Pour les communautés côtières, il n’y a plus aucun moyen d’éviter la réalité de l’accélération du niveau de la mer », explique Xianyao Chen. « Ce n’est plus une projection, c’est bel et bien en train de se produire ».

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