Le télescope spatial Hubble a permis à des chercheurs de repérer une exoplanète accompagnée d’une gigantesque chevelure.

Des scientifiques de l’observatoire de l’université de Genève, en Suisse, ont repéré une chevelure sur une exoplanète, comme on en trouve surtout sur les comètes. Il s’agit en réalité d’un nuage de gaz ionisé et de poussière qui apparaît derrière l’un de ces astres lorsqu’il se rapproche trop du Soleil.

L’étoile Gliese 436 se situe dans la constellation du Lion, soit à plus de 30 années-lumière de notre planète. Elle est accompagnée d’une exoplanète, GJ 436b (ou Gliese 436b), de la taille de Neptune, qui est si proche de son étoile que son atmosphère est en constante ébullition. En effet, elle ne se trouve qu’à 3,2 millions de kilomètres (notre Terre est 46 fois plus éloignée du Soleil) et fait le tour de son étoile en seulement 2,6 jours.

Pour étudier GJ 436b, ils ont pointé le télescope spatial Hubble au moment où l’exoplanète passait devant son étoile. Mais ils ne s’attendaient pas à ce qu’ils ont vu : un gigantesque nuage, 50 fois plus grand que l’étoile. Si gigantesque que c’est le nom de « Béhémoth » qui lui a été attribué, une grande et puissante créature mythologique. Cette chevelure, invisible à l’oeil nu, est constituée principalement d’hydrogène.

Possible structure interne de Gliese 436b / Dr. Jason Wright.

Possible structure interne de Gliese 436b // Crédits : Dr. Jason Wright / Wikipédia.

« Ce nuage est très spectaculaire; c’est comme si, après avoir porté l’atmosphère de la planète à haute température, ce qui conduit à l’évaporation de l’hydrogène, le rayonnement de l’étoile était trop faible pour souffler le nuage qui s’accumule autour de la planète », explique David Ehrenreich, principal auteur de l’étude, publiée dans Nature. David Sing, co-auteur, ajoute : « Des gaz qui s’échappent ont été observés dans le passé, mais pour des exoplanètes géantes gazeuses beaucoup plus grandes. C’était donc une surprise de regarder une exoplanète beaucoup plus petite produire une manifestation similaire à celle d’une comète ».

Près de 1 000 tonnes d’hydrogène s’échappent de l’atmosphère de GJ 436b chaque seconde : cette évaporation daterait d’il y a 6 milliards d’années et environ 10% de son atmosphère aurait déjà disparu. Ces pertes seraient dues aux radiations de l’étoile trop proche de la planète.

Sources : NatureEarthSkySciences et AvenirL’Obs.

– Illustration artistique : Mark Garlick/University of Warwick