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Sur Europe, la vie pourrait survivre à l’énergie nucléaire

Europe, la lune de Jupiter. Crédit : NASA

Europe, le satellite de Jupiter, est un candidat prioritaire pour la recherche de la vie extraterrestre microbienne. Une nouvelle étude s’appuyant sur les conditions retrouvées à l’intérieur d’une mine vise à mieux comprendre comment la vie pourrait perdurer sur cette lune. Et visiblement, elle n’aurait pas besoin de la lumière du Soleil.

Tout comme Encelade, la lune de Saturne, Europe intéresse grandement les astrobiologistes. Au-dessous de sa croûte glacée d’environ 11 kilomètres d’épaisseur se trouve un océan d’eau liquide profond d’une centaine de kilomètres. Il est maintenu chaud par le noyau de la lune qui subit les interactions gravitationnelles de Jupiter. Alors que la NASA et l’Agence Spatiale Européenne (ESA) prévoient une mission 2025 pour évaluer de près le potentiel de vie sur Europe, des chercheurs brésiliens de l’Université de São Paulo (USP) ont développé un modèle qui s’appuie sur des environnements similaires sur Terre pour évaluer comment la lune peut être favorable à la vie microbienne.

Pour cette étude, publiée dans la revue Scientific Reports, rendez-vous dans la mine d’or Mponeng, située près de Johannesburg en Afrique du Sud. Cette mine très profonde transpire en effet de l’eau pleine d’uranium radioactif. La présence de l’uranium décompose ici les molécules d’eau en radicaux libres hautement réactifs, qui dissolvent ensuite les roches environnantes et libèrent du sulfate. Les chercheurs ont alors constaté que des bactéries pouvaient, dans cet environnement a priori inhospitalier, utiliser ce sulfate pour créer de l’énergie.

Dans un communiqué de presse, le coordinateur de l’étude Douglas Galante explique que  « c’est la première fois qu’un écosystème survit directement sur la base de l’énergie nucléaire ». Par cette méthode, les bactéries sont ainsi capables de survivre sans la lumière du Soleil. L’équipe note par ailleurs que la mine de Mponeng est analogue à ce qui pourrait ressembler au fond de l’océan d’Europe. Le lit océanique d’Europe est également très similaire à celui d’une Terre primitive. Ainsi, « étudier Europe, c’est dans une certaine mesure comme étudier le passé de notre planète », note le chercheur.

Comprendre les conditions dans lesquelles les organismes peuvent évoluer et survivre permettra de soutenir la mission Joint Europa Mission (JEM) prévue en 2025, qui vise à identifier des biosignatures sur la lune de Jupiter. Celles-ci pourraient, par exemple, suggérer la présence de microbes probablement extrêmophiles. Concernant la mission, l’Agence spatiale européenne fournirait l’orbiteur, et la NASA le lanceur et l’atterrisseur. Dans le scénario idéal, elle serait lancée en 2025 avec une arrivée autour d’Europe au début des années 2030. La mission scientifique de l’atterrisseur serait alors prévue pour durer au moins 35 jours, et celle de l’orbiteur trois mois. Deux durées de vie très courtes qui s’expliquent par l’environnement de la planète géante, très radiatif.

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