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Des chercheurs vont traverser les Alpes en armure

Crédits : Pixabay

Cet été, une équipe de chercheurs tentera une expérience étonnante : traverser les Alpes en armure. Objectif : recréer l’effort de l’armée française se dirigeant vers la bataille de Marignan en 1515.

Cette idée un peu folle, nous la devons à Stéphane Gal, historien à l’Université de Grenoble. Il y a quelques mois, le chercheur a en effet eu l’occasion de parcourir une lettre de François Ier adressée à l’époque à sa mère. Le roi fait alors part de l’inconfort de son harnois (armure de chevalier), alors qu’il traverse les montagnes, en 1515. Dans le contexte, l’homme embarque avec lui 40 000 soldats à pied et à cheval à travers les Alpes, dans le but de récupérer les terres italiennes qu’il revendique. Les troupes françaises et leurs alliés vénitiens s’opposeront ensuite aux mercenaires suisses qui défendaient à l’époque le duché de Milan.

Une performance extraordinaire

Craignant au départ des embuscades le long de leur périple (à juste titre), le roi ordonna à chacun de ses soldats, avant de partir, de garder le harnois. Et une armure, ça pèse lourd. Difficile néanmoins de s’imaginer les conditions, de comprendre la réalité matérielle, physique et morale de ce qui est apparu, à l’époque, comme une performance extraordinaire. Pour avoir du concret, il faut tenter de récréer le même effort. C’est du moins l’avis de Stéphane Gal.

« Je désirais vérifier si les cols empruntés étaient praticables aux chevaux et j’avais envie de vivre les choses pour mieux comprendre ce que les soldats ont pu ressentir à 2 000 mètres d’altitude dans des tenues totalement inadaptées pour la montagne, explique le chercheur. Si cela n’est pas compliqué pour nous de marcher en montagne, il faut savoir qu’il s’agissait d’un environnement exotique pour eux. C’est un univers totalement inconnu qu’ils découvraient. »

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La bataille de Marignan gravée par Masquelier, Louis-Joseph (1741-1811). Crédits : Wikipédia

Sept mois à porter l’armure

Le périple aura lieu au mois de juillet prochain. Les 6 et 7, plus exactement. Le chercheur sera accompagné de trois de ses confrères, et de cavaliers à cheval. Vêtus de leur harnois, ils s’élanceront de la commune de Maljasset, dans les Alpes-de-Haute-Provence, direction la frontière italienne. Un périple d’environ deux jours qui les mènera à plus de 2 600 mètres d’altitude. Pour les armures, les chercheurs ont mobilisé les services d’un artisan de l’Ariège. Chaque pièce coûte environ 10 000 euros.

Bien évidemment, un tel effort nécessite un peu d’échauffement. Aussi, les quatre compagnons portent, au moins une fois par semaine, la tenue de fer. Et ce depuis sept mois. « Il faut que le corps se l’approprie et en épouse la forme, que l’on repère les zones où ça frotte ou pince la peau par exemple afin de faire des ajustements, explique Stéphane Gal. D’ailleurs au bout d’un certain temps, on s’habitue. C’est même confortable ».

Côté nourriture, là encore, rien n’a été laissé au hasard. « Nous emporterons avec nous du pain, du fromage et de la viande séchée », note le chercheur, qui compte bien calquer ses habitudes alimentaires sur celles de ces anciens soldats.

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