Au Soudan, un rhinocéros âgé de 45 ans, dernier mâle de sa sous-espèce – Ceratotherium simum cottoni –  souffre d’une sévère infection à l’une de ses pattes. C’est ce qu’indique un communiqué de l’Ol Pejeta Conservancy au Kenya, le sanctuaire où vit l’animal, qui est l’un des trois derniers rhinocéros blancs du nord de la planète.

Le rhinocéros blanc du Nord s’éteint à petit feu. Il n’en reste que trois en captivité, dont un seul mâle, prénommé Soudan. Il se trouve actuellement dans un sanctuaire au Kenya, qui tente par tous les moyens de préserver l’espèce. Seulement, Soudan est malade. « À l’âge de 45 ans, sa santé a commencé à se détériorer et son avenir ne semble pas prometteur », déplorent les soignants soudanais sur la page Facebook d’Ol Pejeta. Les rhinocéros vivent habituellement entre 30 et 40 ans, selon un commentaire de suivi des soignants, qui note que les problèmes de l’animal sont liés à l’âge.

Les problèmes de Soudan, le dernier mâle de son genre, ont commencé il y a quelques semaines avec une infection à la patte arrière droite. Traité, son état de santé était revenu à la normale en janvier. Mais depuis la mi-février, les vétérinaires ont découvert qu’il y avait une autre infection, plus profonde, sous-jacente à la première, et Soudan ne semble pas répondre au traitement. « Nous sommes très préoccupés par lui – il est extrêmement vieux pour un rhinocéros et nous ne voulons pas qu’il souffre inutilement », écrivent les soigneurs.

Même avant ce revers de santé, les chances du Soudan d’engendrer de nouveaux rhinocéros blancs du Nord étaient pratiquement nulles. Cette sous-espèce de rhinocéros traversait autrefois l’Ouganda, le Tchad, le Soudan, la République centrafricaine et la République démocratique du Congo, mais le braconnage et le chaos des années de guerre civile dans la région ont fait plonger la population. La sous-espèce est d’ailleurs présumée éteinte dans la nature.

Une fois Soudan parti, il ne restera que deux femelles : Fatu et Najin. Najin est la fille de Soudan, et Fatu sa petite-fille. Les deux ne semblent pas pouvoir avoir de petits. Les membres d’OI Pejeta ne perdent pas espoir, s’appuyant sur des mesures artificielles pour tenter de sauver l’espèce. Ils utilisent notamment des spermatozoïdes et des ovules extraits de rhinocéros blancs du Nord, y compris de Soudan et d’autres individus récemment décédés, pour essayer de développer une fécondation in vitro (FIV).

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