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Découverte de la plus ancienne trace de vie au Groenland, vieille de 3,7 milliards d’années

Crédits : pumapumu / Pixabay

Au Groenland, une récente découverte pourrait, si elle est confirmée, faire reculer de 220 millions d’années les premières traces de vie sur Terre. En effet, des chercheurs australiens viennent de découvrir des traces d’une activité microbienne remontant à 3,7 milliards d’années sous une forme fossilisée.

« C’est fou ! Nous ne pensions pas que de tels indices aient pu subsister aussi longtemps. Cela indique qu’il y a 3,7 milliards d’années, la Terre n’était plus une sorte d’enfer. C’était, au contraire, un endroit où la vie pouvait prospérer » tels sont les mots enthousiastes de Allen Nutman, professeur à l’Université australienne de Wollongong, qui a participé aux travaux publiés dans la revue Nature. Cette découverte, ce sont des géologues australiens qui l’on faite, et il s’agit de stromatolites démontrant la présence de formes de vie sur Terre il y a 3,7 milliards d’années.

« Ces stromatolites sont créés par des colonies de micro-organismes. Dans ces temps reculés, il y avait donc une sorte de collaboration. La vie avait déjà une longue histoire ! » ajoute Allen Nutman, suggérant ainsi que la vie a pu apparaître encore plus tôt. Les stromatolites sont des formations rocheuses calcaires formant des massifs en chou-fleur et formés de feuillets superposés. Ceux découverts dans la ceinture de roches vertes d’Isua, une île située au sud-ouest du Groenland, mesurent d’un à quatre centimètres de hauteur.

NUTMAN ET AL. , NATURE
Crédits : NUTMAN ET AL. , NATURE

L’analyse biologique de ces stromatolites, des indicateurs biologiques puissants, a en effet montré des traces d’une activité microbienne remontant à 3,7 milliards d’années, soit 200 millions d’années de plus que les records précédents trouvés dans des roches d’Australie ou d’Afrique du Sud, et surtout 800 millions d’années environ seulement après la formation de la planète Terre, il y a 4,6 milliards d’années.

Une découverte qui a également une autre portée, puisque les conditions de l’apparition de la vie à cette époque sont assez similaires à celles qui régnaient alors sur Mars. « À l’époque dont nous parlons, la Terre était un monde à part: des continents noirs sans animaux et plantes et des océans vert foncé, riches en fer. Et pour couronner le tout, un ciel orange, l’atmosphère de l’époque étant pauvre en oxygène » expliquent les chercheurs. « Subitement, Mars pourrait être bien plus prometteur qu’avant quant à son potentiel de réceptacle de vie passée« , ajoute Abigail Allwood, du California Institute of Technology.

Source : nature, lemonde