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De nouvelles photos rares d’une tribu amazonienne isolée du “monde moderne”

Credits: Wikimedia Commons

Une série de nouvelles photographies aériennes de la tribu Moxihatetema isolée en Amazonie soulignent l’importance de protéger leur territoire contre la menace croissante de l’exploitation minière illégale.

Les images ci-dessous nous montrent les membres de la tribu Moxihatetema postés à l’intérieur d’une structure circulaire commune appelée shabono. Ces photos ont été prises il y a quelques semaines dans la réserve Yanomami, près de la frontière séparant le Brésil du Venezuela. La tribu Moxihatetema, qui n’avait pas été aperçue depuis plus d’un an, fait partie de l’un des trois groupes Yanomami de la région « surveillés » à distance pour éviter les approches extérieures. Ce groupe d’indigènes inquiète en effet les activistes depuis de nombreuses années suite à l’invasion progressive des garimpeiros, les mineurs illégaux.

Prises en septembre dernier lors de la surveillance aérienne des camps de mineurs illégaux, ces photos mêlent soulagement et inquiétudes. On y voit les membres de la tribu (qui semblent en bonne santé) postés au centre d’une maison collective fabriquée en bois et couverte de palmes d’arbre. Cette maison circulaire où ont lieu les danses et les cérémonies est généralement construite dans des clairières de la forêt tropicale et chaque famille possède en périphérie son propre foyer autour duquel ses membres dorment dans des hamacs. Mais au vu de ces images, les Moxihatetema semblent s’être déplacés et sont aujourd’hui plus proches que jamais des mineurs vecteurs de maladies qui contaminent les sources d’eau avec le mercure et utilisent des armes à feu. Plusieurs affrontements meurtriers ont en effet déjà eu lieu par le passé. En 1993, le massacre de Haximu avait notamment fait 16 victimes, dont des enfants parmi les membres de la tribu qui ont vu leurs maisons brûler sous leurs yeux.

Selon Fiona Watson, de Survival International, il semblerait qu’il y ait deux panneaux de chaume de plus que dans le passé, ce qui suggère que la tribu s’est agrandie. Une bonne nouvelle pour l’activiste qui n’oublie pas de rappeler que les subventions destinées à la protection des tribus indigènes ont récemment diminué suite aux compressions budgétaires. Les Indiens ont en effet été les premiers touchés par les mesures d’austérité introduites par le président brésilien Michel Temer.

Malheureusement, la situation ne devrait pas s’améliorer pour les indigènes, la récession se faisant de plus en plus ressentir dans le pays dont le congrès est hostile aux droits des autochtones. Cette année, le budget de la Funai, un organisme gouvernemental brésilien qui élabore et applique les politiques relatives aux peuples indigènes, a été réduit de 37,7 %. Et de nouvelles réductions budgétaires sont d’ores et déjà prévues en 2017.

La libération des photographies pourrait être considérée comme une violation de la vie privée de cette communauté isolée, mais les chercheurs espèrent néanmoins une prise de conscience généralisée des menaces auxquelles elle est confrontée et de la nécessité d’un contrôle plus drastique de l’exploitation minière illégale dans la région.

« Ces images extraordinaires sont une preuve supplémentaire de l’existence de ces Indiens isolés », rappelle Stephen Corry, directeur de Survival International. « Il est évident qu’ils sont parfaitement capables de vivre en dehors des notions de “progrès” et de “développement”. Tous les peuples indigènes isolés ne peuvent faire face à moins que leurs territoires ne soient protégés. Nous faisons tout notre possible pour sécuriser leurs terres, et leur donner une chance de déterminer leur propre avenir ».

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