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Conséquence d’un dégel toujours plus marqué, des pans entiers de montagne s’effondrent

Crédits : flickr.

Le recul des glaciers de montagne est l’une des conséquences les plus palpables du réchauffement planétaire. Cette tendance au dégel conduit par ailleurs à l’effondrement parfois dramatique des parois montagneuses. Un danger de plus en plus présent, comme en témoigne le cas du massif du Mont-Blanc. 

Étant donné le rôle majeur des glaciers dans le cycle hydrologique régional, la perspective d’un retrait grandissant inquiète. En effet, ces amas de glace stockent l’eau en saison froide et la délivrent en saison chaude. La faune et la flore ainsi que certaines activités économiques dépendent fortement de cet apport hydrique en période sèche. De ce point de vue, les glaciers jouent un rôle régulateur indéniable.

Des parois rocheuses de plus en plus instables

Une autre conséquence – moins connue et moins intuitive – du dégel est la fragilisation des parois de haute montagne. Un phénomène directement dû à la dégradation du pergélisol, la partie d’un sol qui reste gelée en permanence pendant au moins deux années consécutives. En effet, celui-ci agit comme un ciment qui soutient la structure rocheuse. S’il fond sensiblement, elle peut devenir instable et donner lieu à des éboulements ou écroulements.

Les Alpes sont notoirement touchées par ce phénomène. À titre d’illustration, la vidéo présentée ci-dessous montre l’écroulement d’une paroi de montagne à la Tour Ronde, au sommet du Mont-Blanc en 2015.

« La dégradation du pergélisol est directement liée au changement climatique », explique Ludovic Ravanel, géomorphologue au CNRS. « Certaines années, nous avons plus d’une centaine d’écroulements dans le massif du Mont-Blanc et c’est le cas notamment lors des étés caniculaires comme en 2003, en 2015, en 2017 et en 2018 ».

À fonte grandissante, danger grandissant

Ces chutes de pierres sont dangereuses. Parmi les 102 morts dénombrés depuis 1990 sur la voie partant de Tête Rousse au refuge du Goûter, la moitié leur est imputable. Par mesure de précaution, on conseille donc aux alpinistes de mener à bien leurs activités plutôt entre mai et juin. En effet, c’est entre le milieu et la fin de l’été que le dégel – et donc le risque d’écroulement – est le plus important.

glacier montagne
Le Grand glacier d’Aletsh dans les Alpes suisses. Crédits : Frank Paul, University of Zurich.

« Les Alpes, il y a quelques dizaines d’années, étaient blanches, couvertes de neige. Cette couleur blanche renvoie l’énergie », rapporte Ludovic Ravanel. « Aujourd’hui, les montagnes sont plus caillouteuses et ces surfaces caillouteuses retiennent l’énergie. C’est ce qu’on appelle une boucle de rétroaction positive : plus il fait chaud plus ça fond ; plus ça fond plus il y a de cailloux, plus il y a de cailloux plus il fait chaud ».

Enfin, rappelons qu’une étude sortie le 9 avril dernier indiquait que si rien n’est fait pour limiter le réchauffement, plus de 90 % des glaciers alpins auront disparu d’ici la fin du siècle. Une trajectoire que nous sommes actuellement en train d’emprunter…

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