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Un composé chimique interdit depuis 27 ans continue de détruire la couche d’ozone

Crédits : WikiImages / Pixabay

La NASA a annoncé avoir détecté une concentration anormale de tétrachlorure de carbone (CCl4) dans l’atmosphère. Il s’agit d’un polluant responsable de la destruction de la couche d’ozone et dont l’utilisation est normalement interdite depuis près de 30 ans. Pour l’heure, l’origine de ce taux élevé reste totalement inconnue..

Si l’utilisation du tétrachlorure de carbone (CCl4) était monnaie courante dans le passé, son usage a néanmoins été interdit en 1987 dans le cadre du Protocole de Montréal du fait des dommages importants que ce composé chimique occasionnait à la couche d’ozone. Bien que les pays membres ont annoncé n’avoir produit aucune nouvelle émission de CCl4 entre 2007 et 2012, cela ne semble pourtant pas avoir empêché ce polluant de continuer à se répandre dans l’atmosphère.

Des émissions d’origine inconnue ?

Comme l’a indiqué l’agence spatiale américaine dans un communiqué publié ce mercredi, les émissions mondiales de CCl4 sont en moyenne de 39 000 tonnes par an, ce qui correspond à environ 30% du maximum enregistré avant l’application de l’interdiction.

« Nous ne devrions pas avoir tout ce CCl4 » a déclaré Qing Liang, scientifique de la Nasa au Centre Goddard des vols spatiaux dans le Maryland et principal auteur de cette recherche. « Il est clair que nous sommes en présence soit de fuites industrielles non identifiées, soit d’émissions importantes de sites contaminés ou de sources inconnues de CCl4 », a-t-il poursuivi.

Une élimination en deçà des prévisions

Selon les estimations faites par les scientifiques, sans aucune émission de CCl4 signalée entre 2007 et 2012, les concentrations atmosphériques auraient dû diminuer bien plus rapidement, jusqu’à 4% par an. Pour autant, la réalité est bien éloignée des simulations, puisque seulement une diminution de 1% par année a été observée.

Depuis maintenant plusieurs années, les chercheurs s’interrogent donc sur les raisons qui pourraient expliquer que les niveaux observés de CCl4 diminuent bien plus lentement que ce qui a été prévu en fonction des processus naturels connus de sa destruction. « Existe-t-il un mécanisme de perte de CCl4 que nous ne comprenons pas ou y aurait-il des sources d’émission non signalées ou non identifiées? », s’est ainsi interrogé Qing Liang, relayé par le site Sciences et Avenir.

Pour l’heure, toutes les hypothèses restent donc envisageables…

Sources: Sciences et Avenir