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Des chercheurs décrivent la première espèce d’oiseaux hybride en Amazonie

Manakin à tête d'opale, Manakin à couronne dorée et Manakin neigeux Crédits : University of Toronto / Jason Weir

Une équipe de chercheurs de l’Université de Toronto décrivait il y a quelques jours la première espèce d’oiseaux hybride évoluant dans la forêt amazonienne.

Une espèce hybride se forme lorsque deux espèces parentales s’accouplent pour produire une population hybride, qui cesse alors de pouvoir se croiser librement avec l’espèce parentale. Dans ce cas, les deux parents sont le Manakin neigeux, nommé d’après les brillantes plumes de sa couronne blanc neige, et le Manakin à tête d’opale. Grâce à une série de tests génétiques, des chercheurs ont donc ici révélé que le Manakin à couronne dorée – découvert au Brésil en 1957 – est en fait une espèce hybride issue de ces deux premières espèces.

Crédits : University of Toronto / Jason Weir

« Alors que les espèces de plantes hybrides sont très communes, les espèces hybrides parmi les vertébrés sont extrêmement rares », explique le professeur associé Jason Weir, auteur principal de la recherche. Les chercheurs ont ici recueilli des échantillons génétiques et des plumes pour finalement réussir à séquencer une grande partie du génome du Manakin à couronne dorée. Sur 16 000 marqueurs génétiques analysés, environ 20 % provenaient du Manakin neigeux, et environ 80 % provenaient du Manakin à tête d’opale.

Les chercheurs ont par ailleurs déterminé que les deux espèces parentales s’étaient accouplées il y a environ 180 000 ans, et que celles-ci avaient divergé d’un ancêtre commun il y a 300 000 ans. « La plupart des espèces d’oiseaux amazoniens ont divergé de leur parent le plus récent il y a environ 1,5 à 4 millions d’années, donc ce sont ici tous des jeunes oiseaux en comparaison », explique le scientifique.

Le Manakin à couronne dorée vit aujourd’hui dans une zone de la forêt amazonienne sud-centrale d’environ 200 km2, isolé de ses deux « oiseaux parents » desquels il s’est probablement séparé au cours d’une période glaciaire passée. La couverture de la forêt tropicale se serait alors contractée, laissant la première espèce évoluer près des cimes enneigées, et la seconde près des rivières qui formaient à l’époque des barrières naturelles.

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