Véritable fléau mondial, les microplastiques sont présents un peu partout et de plus en plus, la question de leurs impacts sur la santé humaine se pose. Ces derniers franchissent en effet les barrières naturelles et pénètrent les poumons, le cerveau ainsi que d’autres organes, déstabilisant nos défenses les plus basiques.
Que se passe t-il au niveau des poumons et du cerveau ?
Provenant de la dislocation des déchets plastiques, les microplastiques pénètrent en premier nos poumons, via l’air que nous respirons. Dans le système respiratoire, les macrophages – les cellules clés du système immunitaire – se chargent habituellement d’éliminer les agents pathogènes et autres cellules mortes. Cependant, une étude menée par l’Université de Pittsburgh (États-Unis) et publiée le 19 mai 2025 dans l’American Journal of Respiratory and Critical Care Médicine stipule que les microplastiques perturbent ces cellules. Plus précisément, leur capacité de phagocytose permettant d’engloutir les bactéries s’affaiblit dès 24 heures après l’inhalation des particules.
En ce qui concerne le cerveau, les scientifiques pensaient que seules les nanoparticules de plastiques les plus petites pouvaient pénétrer la barrière le protégeant. Cependant, des travaux pilotés par l’Université des sciences de la santé du Nouveau-Mexique à Albuquerque (États-Unis) et publiés dans la revue Nature Medicine en février 2025 ont démontré que même des microplastiques de taille plus imposante franchissent cet obstacle. Selon les chercheurs, le cerveau concentre beaucoup plus de particules que le foie et les reins.
Par ailleurs, les échantillons cérébraux en provenance de personnes atteintes de démence présentaient des taux bien plus élevés que les autres. Néanmoins, il n’existe pour l’instant aucun rapport de cause à effet avéré. Les chercheurs ont souligné que la barrière protectrice du cerveau est souvent plus perméable chez les personnes malades. Ainsi, il reste à savoir si cette perméabilité est la cause d’une plus forte concentration de plastique où si cette même concentration rend justement la barrière protectrice du cerveau plus perméable.

Crédits : Campen et al., Nature Medicine., 2025
Une toxicité assez mal connue pour les autres organes
Sans grande surprise, d’autres organes sont concernés par la présence de microplastiques, notamment le foie, les reins mais également, la rate et le côlon. En mai 2025, la plateforme Respiratory Therapy a publié une synthèse sur le sujet. Après seulement une semaine d’exposition à des microplastiques par voie aérienne, ceux-ci se retrouvent dans l’ensemble du corps humain. Des traces ont même été découvertes dans la moelle osseuse et les vaisseaux sanguins, démontrant que les particules inhalées migrent depuis les poumons. Cette dispersion des microplastiques pourrait expliquer certains problèmes inflammatoires chroniques, s’ajouter à d’autres facteurs de risques cardiovasculaires et potentiellement, être à l’origine d’une accélération de la prolifération des cellules cancéreuses chez les personnes atteintes.
Aujourd’hui, la Science explore plusieurs pistes thérapeutiques afin de limiter les effets des microplastiques sur l’organisme. Citons par exemple l’acadésine, un médicament notamment utilisé pour le traitement de la leucémie lymphoblastique aiguë, capable de restaurer partiellement la fonction des macrophages après l’exposition aux particules. Cependant, le vrai soucis réside dans la poursuite de la production massive de plastique à l’échelle globale. Dans un tel contexte, la contamination de l’organisme aux microplastiques est inévitable. Du coté des scientifiques, l’objectif est de comprendre à quel point l’installation de ces particules dans le corps pourraient influer sur notre santé.
