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Californie : Nouvelle fièvre de l’or sur fond de désastre environnemental

Crédits : Alexander Boden / Flickr

Ces trois dernières années en Californie, l’extrême sécheresse a entraîné une baisse du niveau des cours d’eau ouvrant l’accès à des emplacements méconnus pour les chercheurs d’or amateurs alors que les conséquences sont très préoccupantes pour les populations locales et l’environnement.

Prenez un chercheur d’or nommé David Fiori et un simple méandre parmi d’autres de la rivière Kern, se situant à environ 200 km au nord de Los Angeles près de la Sequoia National Forest. Cette rivière aurifère de 265 km de longueur prend sa source dans la Sierra Nevada pour se jeter dans l’océan pacifique. Cependant, les orpailleurs voient différemment la Californie depuis des années.

« J’irai là-bas dès que ce sera possible, dans quelques mois, le courant sera réduit à un filet d’eau», déclare David Fiori au Los Angeles Times.

David Fiori désigne un endroit précis où pour l’instant, le courant est trop puissant et la profondeur d’eau trop importante pour y chercher quoi que ce soit. En ce point désigné, l’eau cristalline bouillonne et écume en bondissant sur les rochers de l’autre côté de la rivière, résultat d’un type d’irrégularité géologique ralentissant le courant et amenant les éléments plus lourds (notamment l’or) à se déposer dans la vase au fond du cours d’eau.

La sécheresse permettrait donc l’accès à de nouveaux emplacements pour rechercher de l’or. La Californie connait depuis trois années consécutives une sécheresse dont l’année 2013 est la plus préoccupante, la plus sèche depuis le début du XVIe siècle. Cette année 2014, malgré l’état d’urgence décrété par les autorités, on estime les reversoirs d’eau californiens largement en dessous des moyennes historiques (18% du volume moyen seulement). Il faut savoir que la Sierra Nevada dont le point culminant est le Mont Whitney et ses 4 421 m de hauteur fournit chaque année un tiers de l’eau utilisée par les exploitations agricoles et les villes.

Une réaction en chaine liée à la sécheresse : « Des scientifiques ont annoncé fin mai (2014) que la sécheresse avait entraîné des pertes financières de 1,7 milliard de dollars. Le bilan s’alourdit chaque jour. De plus en plus de terres agricoles restent en jachère et des milliers d’emplois disparaissent, les œufs de saumon sont exposés à l’air libre et le soleil écrasant les tue, les éleveurs de moutons abattent leurs troupeaux plus tôt, car ils n’ont pas assez de foin pour les nourrir » selon le Courrier International.

Cette sécheresse n’est favorable qu’aux orpailleurs alors que le cours de l’or est actuellement à 29€ le gramme, restant élevé bien qu’ayant subi une baisse. Ce regain d’entrain a contribué à l’économie locale d’une certaine façon : magasins de matériel et donneurs de cours d’orpaillages y trouvent leur compte. Mais il ne s’agit en aucun cas d’une nouvelle ruée vers l’or comme en 1849 où parfois, « il n’y avait qu’à se baisser » pour ramasser des pépites d’or.

« En nous voyant ici, n’importe qui nous trouverait sûrement un peu fous », déclare un autre orpailleur, Farris Farnsworth, retraité bricoleur âgé de 66 ans cherchant lui aussi de l’or dans la rivière Kern.

En effet, il s’agirait plutôt d’un hobby, une sorte de fièvre puisque les chercheurs n’y trouveraient que rarement leur compte : la récolte ne couvrant même pas les frais de déplacement, travail physique sous le soleil, dans l’eau… bien que l’espoir d’y trouver une grosse pépite reste un élément gardant toute motivation intacte.

Il faut savoir également que si ces orpailleurs investissent généralement les endroits des rivières où le niveau de l’eau et le courant diminuent, certains tentent de prospecter les endroits asséchés depuis longtemps avec des détecteurs de métaux.

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Image : Courrier International

Source : Courrier International

– Illustration : Alexander Boden