Une découverte remarquable a été faite par des ouvriers à l’extérieur des murs du château de Kenilworth en Grande-Bretagne : huit boulets de catapulte médiévale parfaitement conservés. Ces projectiles en pierre datent du treizième siècle et sont des vestiges d’un des sièges les plus longs et significatifs de l’histoire anglaise ayant eu lieu en 1266. Cette trouvaille apporte un éclairage précieux sur un événement clé de la guerre civile entre la royauté et les rebelles.
Le siège de Kenilworth
Le siège du château de Kenilworth en 1266 est considéré comme l’un des plus longs de l’histoire d’Angleterre avec ses 172 jours consécutifs. Ce conflit faisait partie intégrante de la guerre civile qui opposait le roi Henri III à ses nobles rebelles, menés par Simon de Montfort, le gardien du château de Kenilworth et beau-frère du roi. Après la mort de Simon de Montfort à la bataille d’Evesham en 1265, ses partisans se retranchèrent dans le château de Kenilworth, refusant de se rendre.
Situé stratégiquement au cœur de l’Angleterre, cet édifice était l’une des forteresses les plus imposantes du royaume. Il était par ailleurs entouré d’un vaste lac artificiel qui ajoutait une protection supplémentaire contre les assauts.
Selon , cette imposante forteresse était un élément clé dans les efforts de défense des rebelles. Les forces royales, déterminées à reprendre le contrôle, ont donc utilisé un vaste arsenal pour tenter de percer les défenses du château. Parmi les armes utilisées, on comptait environ 60 000 carreaux d’arbalète et divers projectiles de catapulte, des machines de guerre redoutables capables de causer des destructions considérables.
Une découverte rare
Les huit boulets de pierre découverts, qui varient en taille et en poids, sont des témoignages directs de ce siège historique. Le plus grand de ces projectiles pèse 105 kilogrammes, tandis que le plus petit pèse environ un kilogramme. William Wyeth, historien des propriétés à English Heritage, a souligné l’importance de cette découverte. « Ce n’est pas tous les jours que nous avons la chance de tomber par hasard sur des vestiges historiques comme celui-ci« , a-t-il déclaré. « Ces sphères auraient causé de sérieux dégâts lorsqu’elles étaient tirées par des catapultes, brisant les défenses et infligeant des pertes importantes« .

Les artefacts découverts ont été immédiatement reliés au siège de 1266 grâce à des découvertes similaires faites lors de fouilles archéologiques du château de Kenilworth dans les années 1960. On ignore cependant si ces tirs de catapulte proviennent des forces royales ou des rebelles, car les deux camps disposaient d’armes similaires. Les rebelles, bien qu’en infériorité numérique, avaient en effet réussi à résister aux forces royales pendant une période prolongée grâce à leurs propres catapultes et autres défenses ingénieuses.
L’issue du siège fut finalement déterminée par des facteurs tels que la famine et la maladie qui affaiblirent les défenseurs. Le 13 décembre 1266, après des mois de résistance acharnée, les rebelles durent en effet se rendre. Cette reddition marqua alors la fin d’une période tumultueuse de la guerre civile et renforça la position du roi Henri III.
