in

Un atlas 3D interactif pour comprendre les différents stades embryonnaires

Une équipe de chercheurs néerlandais a créé un atlas interactif en trois dimensions permettant de faire un suivi précis des différents stades du développement de l’embryon humain.

L’atlas 3D en question est capable de suivre l’évolution de l’embryon à partir du moment où celui-ci est conçu, et ce, jusqu’à deux mois. Cette prouesse a été faite par des scientifiques de l’Academic Medical Center d’Amsterdam (Pays-Bas) dont les résultats ont été publiés dans la revue Science, le 25 novembre 2016.

La précision de ce suivi est inédite et les chercheurs indiquent que les connaissances présentes dans les ouvrages de médecine sont souvent anciennes. En effet, certaines d’entre elles sont basées sur des données d’imagerie datant de près d’un siècle. Ceci est d’ailleurs curieux puisque les progrès en informatique et les techniques d’imagerie modernes permettent de reconstituer l’évolution embryonnaire afin d’observer la croissance des organes.

L’équipe néerlandaise, menée par le Dr Bernadette S. de Baker, a travaillé sur pas moins de 15 000 coupes histologiques d’embryons humains qui ne sont autres que des « tranches » suffisamment fines pour pouvoir être observées au microscope. Ces coupes ont toutes été analysées puis comparées entre elles afin de définir une sorte de compromis sur la taille, la disposition ainsi que l’évolution des organes.

Ainsi, plus de 150 organes différents ont été identifiés puis numérisés pour donner le résultat attendu : un atlas anatomique interactif en trois dimensions dont les informations ont été publiées n accès libre sur le site 3D Atlas of Human Embryology. Il s’agit d’un énorme travail compte tenu du fait que par exemple, un embryon de sept semaines ne mesure en général pas plus de 16 millimètres !

L’outil disponible en téléchargement propose de manipuler un embryon lors de ses différents stades de développement jusqu’à huit semaines. Pour plus de visibilité, il est possible de masquer certains organes et autres structures, par exemple les os. Le logiciel remet en quelque sorte « les choses en place » puisque les chercheurs se sont aperçus que certains organes n’étaient pas correctement placés (comme les reins).

L’atlas 3D devrait avoir des vertus pédagogiques, mais pourrait également servir à la recherche afin de mieux comprendre les fausses couches, plus précisément au niveau des interruptions de grossesse se produisant avant la douzième semaine de gestation.

Sources : The GuardianSciences & Avenir